Génération déracinée

Un an que je suis rentrée en France.

Déjà. Les derniers mois me parurent long et pourtant je me suis forcée à appuyer sur pause le temps de ma recherche d’emploi. Il y a eu la santé, les remises en question et la peur de ne pas retrouver un emploi. Il y aussi eu les moments en famille, les moments complices avec mon frère et la réalisation de plein de choses. Retourner vivre chez ses parents, alors qu’on vient tout juste d’avoir 30 ans, est quelque chose dont je n’étais pas fière. Et pourtant, cela m’a permis de me confronter à certaines réalités. Vous savez après trois ans de route, on revient changé et se retrouver dans un environnement dans lequel on a grandi, nous met face à ces changements. C’est comme se regarder dans un miroir et devoir se réapproprier les contours de la silhouette que l’on voit en face. C’est aussi créer une nouvelle relation avec ses proches, apprendre à communiquer différemment, les apprivoiser avec nos nouvelles émotions, etc. Et ça c’est toute une aventure.

Cela m’a permis de prendre du recul. Savoir d’où l’on vient n’est pas toujours évident. A un entretien récent, on m’a demandé plusieurs fois d’où je venais. J’ai répondu que je venais de Toulouse sans trop savoir pourquoi on me posait deux fois la question. J’y ai repensé… Toulouse, la ville rose. Finalement je n’y suis pas attachée émotionnellement. Les amis de mon enfance s’en sont éloignés… quelques uns restent. Les repères de mon adolescence ont changé. Et je n’ai jamais vraiment eu l’accent forcé. Je viens de Toulouse, mais je n’en ai pas la culture. Je ne pourrais vous décrire les senteurs des violettes ou les spécificités du sud. J’ai laissé mes racines un peu partout dans le monde, à chaque échange, à chaque rencontre. Je suis comme une plante en pot qui a du mal à respirer. L’avantage c’est que je peux me laisser transporter au gré du vent et des opportunités.

J’ai saisi une opportunité professionnelle tout récemment. Celle-ci m’emmène sur un nouveau continent. J’avais postulé car la mission était enrichissante et variée. J’avais postulé en me disant que je verrais, si je pouvais repousser à un an cette envie de me poser.

L’envie de me poser est toujours là. Je me suis peut-être un peu trop foutue la pression en rentrant de mon long voyage. Pourquoi s’enterrer les racines sous terre, alors que l’on peut juste être une plante en pot ? Il suffit d’y mettre un peu d’amour et de l’engrais, de l’exposer au soleil selon son humeur, de lui chanter des chansons ou de lui murmurer des encouragements, pour qu’elle s’épanouisse au fil du temps. Je me dirais bien citronnelle le temps de cette mission d’un an.

Et toi, fais-tu parti de cette génération déracinée ? Si oui, quelle plante es-tu ? ⤵

1.Quand vous étiez petit:

1 sur 7

4 Comments on “Génération déracinée

    • En effet, connaissant ton caractère, ça te décrit plutôt bien 🙂

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