Cadavres exquis d’une voyageuse #3

C’est censé être le premier jour de l’été.
Pourtant le vent s’engouffre, me laissant frigorifiée,
grisant mes pensées et mon avancée.
Hier je me blottissais dans ses bras,
me disant que l’idée était là,
être au chaud sous les draps,
sans penser au lendemain.
Aujourd’hui, je suis lasse,
me retrouvant encore dans cette impasse,
où certes la vue est sublime,
mais je cherche à nouveau la seconde rime
pour combler cette marque indélébile.
Il y a une semaine j’étais entourée,
d’étrangers certes et dans ma fierté,
besoin de solitude et de cocon douillet,
je ne leur ai que peu adressé,
la parole à travers un sourire effacé.
Pas de regrets pourtant,
mais parfois je me demande tant,
si le voyage ne me rend pas associable.
M’engouffrant dans une carapace,
qui me protégerait de tous ces rapaces,
qui voudraient s’en prendre à mon âme blessée,
par toutes ces rencontres, ces voluptés,
ces adieux abandonnés,
ces bus à prendre, ces avions à combler,
pour partir un peu plus loin,
et recommencer à nouveau son petit coin,
tant bien que mal
à la force de l’âge.
Demain, j’aurai retrouvé un peu de volonté,
mon armure parée pour aller affronter,
ces vieux démons du voyage.
Mais même avec de l’audace,
un brin de malice et un peu de courage,
il m’arrive de passer des heures à me demander,
pourquoi je continuerais à lutter,
alors que j’aimerais parfois quelques bras pour me réconforter.
Quelqu’un pour m’accompagner sur ce long voyage,
quelqu’un avec qui partager sentiments,
un ami, un confident, un amant,
cette envie d’aller de l’avant,
à la découverte des richesses du monde,
de ces visages, de ces facettes,
quelqu’un avec qui faire la fête,
sur le chemin des nouveautés,
sans séquelle, sans fierté,
alliant amour de la vie et simplicité.

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