La solitude en voyage

Déjà un an et demi que je suis sur la route.
C’est une expérience extraordinaire, qui me permet d’évoluer au fil du voyage et des rencontres.

J’ai beau voyager seule, je ne le suis jamais ! Après 5 mois de voyage en Nouvelle-Zélande, je ne rêvais que d’une chose: m’enfermer dans une pièce, le temps d’une soirée, histoire de pouvoir me retrouver seule avec moi même.
Depuis j’ai changé. J’ai appris à me créer une bulle, même avec des gens autour. Appris à prendre du temps pour moi, même si mon voyage s’agrémente de HelpX, couchsurfing et autres magnifiques moyens d’aller à l’encontre de l’autre et de sa culture.
Mais aujourd’hui faut que je vous le dise… tout n’est pas beau et rose en voyage. Il y a les coups de blues, les remises en question, les incertitudes, les déceptions. Tout comme dans la “vraie” vie quoi ! Et quand on voyage seule, la solitude nous pèse encore plus parfois.


À mon arrivée en Australie il y a de cela 3 mois, j’avais un plan: trouver du boulot pour une longue période, histoire de me poser et de reprendre des forces. Mais vous le savez peut-être déjà, les plans sont faits pour être changé. Il y a quelques semaines en arrière, j’ai décroché un job dans une station de ski (oui vous avez bien lu, il neige aussi en Australie !). C’était parfait ! Un boulot pour la saison, un très bon moyen de rencontrer plein de gens et l’occasion parfaite pour apprendre à skier. Mais voilà, le jour de mon départ en train, j’ai fini par m’écouter et tout annuler.

«Le voyage est riche en enseignement. J’ai appris à m’écouter, à suivre mes intuitions et mes émotions. Le voyage m’a aussi montré que j’étais seul maître de mes décisions. »

Je n’avais pas de plan B, les finances en vrac et personne pour me conseiller.
Je me suis sentie seule, très seule.
Moi qui vait souvent de l’avant, j’ai pris du recul, physiquement et moralement.
Je suis allée me réfugier chez mon ancien hôte HelpX, pensant que son environnement confortable et sécurisant me remettrait en phase avec moi-même.

J’ai passé un bon mois à tout remettre en question.
Le pourquoi j’étais là. Pourquoi je n’étais pas en France à développer ma carrière professionnelle. Pourquoi à bientôt 30 ans, je n’étais pas posée avec un mec et un gosse. La situation personnelle de mon hôte me mettait en phase des yeux ce que je ne voulais pas voir et les questions incessantes que je voulais éviter résonnaient à haute voix: “Qu’est-ce que tu vas faire de ta vie ?” “Quand vas-tu rentrer au pays ? Si tu rentres, penses-tu encore bosser dans le tourisme ?” “Ton amie de maternelle a un gosse de 2 ans et demi, t’attends quoi ?”.

J’avais beau ne pas être seule “physiquement”, la solitude s’est engouffrée. Mes amis me manquaient, ma famille, mon pays… Je me suis rêvée en France, dans ma maison de campagne, dans ma chambre. Je me suis demandée s’il n’était pas temps de rentrer, de retrouver une routine, un schéma réconfortant, un peu de calme.
J’ai voulu troqué l’excitation de ma vie actuelle, pour une vie plus zen sans prise de tête. Car voyager c’est pour moi: ne pas savoir où je vais dormir le soir, comment je vais m’organiser pour les repas, est-ce que mes finances vont suivre, trouver du boulot dans un lieu inconnu, ne pas se faire arnaquer, les limites de mon visa à prendre en compte, la concurrence avec les autres backpackers et s’adapter, toujours.

« Derrière le voyage se cache une logistique immense qui te demande d’avoir la tête sur les épaules et de l’énergie en permanence. »

Alors j’ai appelé à l’aide…
C’est bien beau d’être indépendante, de vivre sa vie comme on l’entend, mais parfois on a besoin de ses proches. Et mes proches étaient loin à ce moment là.

Pour certains de mes amis, la distance ne change rien… pour d’autres, on s’efface. C’est dans ces moments là que tu sais sur qui compter ou pas. Alors est-ce que je peux en vouloir à ces personnes de ne plus me demander comment ça va, parce que je suis à l’autre bout du monde ?
Je me suis même demandée si j’avais le droit d’être malheureuse dans un pays où beaucoup de monde rêve d’aller. Je me suis sentie coupable de ne pas être au top de ma forme en Australie. “Mais attends quoi ! T’es en Australie ! T’as trop de « chance » ! Tu te rends pas compte ou quoi ?! C’est quoi ton problème ? Profites-en, au lieu de pleurer dans ton coin.” Bon j’avoue… cette phrase je m’en suis servie moi-même pour aller de l’avant. Puis je me suis aussi rendue compte que non, j’avais tout autant le droit d’avoir des coups de mou que quelqu’un qui avait choisi de vivre une vie plus pépère (parce que oui, la vie est un choix).

« Hors j’ai l’impression qu’en voyage tout est décuplé parce que ce que tu vis est éphémère: les rencontres, les émotions, la solitude. « 

J’ai envié ces couples qui voyagent à deux, leur permettant de se reposer l’un sur l’autre à tour de rôle. Puis je me suis dit que la solitude pouvait frapper tout le monde.

« Moi, je me la suis prise dans la gueule. Sèche, ingrate et associable. J’avais beau être entourée physiquement, je me suis sentie très seule moralement.  »

Alors j’ai repris la route, je suis allée de l’avant, comme je l’ai toujours fait. Vous pouvez appeler ça de la fuite, mais l’avantage en voyage c’est que le mouvement est plus facile. La solitude semble, par contre, plus intense.

« La solitude ça a du bon aussi. Elle nous porte sur un plateau les remises en question, qui nous permettent d’avancer… dans le voyage, dans notre bien-être, dans notre vie de tous les jours.  »

Comme dirait Maxime de Détour Local, dans son magnifique article qui éclaire mes maux: “C’est peut-être ça le repos idéal. Prendre le temps de se questionner sur un rien et voir comment on en ressort à l’autre bout. Décrocher ou s’accrocher. Partir ou revenir. S’arrêter ou continuer. Mais sans jamais oublier d’avancer.”

La solitude donc… ou l’art d’évoluer doucement.

Toi, simple et nature

Il y a plus d’un an, je t’écrivais ces quelques lignes timides:

« Tu me sembles si familière et pourtant je ne t’avais jamais rencontré. Tes panneaux jaunes constellant tes routes m’évoquent la liberté. Celle de la route qui prend un nouveau virage. Celle de la nature de vivre qui transite en toi. Je ne sais pas si je resterais longtemps à tes côtés. Je ne sais pas si tes formes vallonnées vont me manquer. J’attends de voir ce que me réserve le sud avant de te juger. Mais sache que je me sens bien à tes côtés. »

Aujourd’hui je te quitte. C’est un aller simple vers ta voisine qui m’habite, mais je ne te cache pas que je flippe.
Tout ce temps à tes côtés m’a permis d’apprendre à t’apprivoiser. J’ai longtemps hésité à partir…mais les rencontres chiliennes faites derrière ton dos, m’ont donner envie d’aller voir ailleurs.

Tu penses peut-être que je me cherche des excuses. Ne fais pas comme si tu n’étais pas au courant…
Je t’ai souvent répété que j’avais du mal à me poser. Tu semblais compréhensive, m’offrant des week-end à la montagne, des escapades plus sauvages et des expériences originales.

On a vécu plein de choses toutes les deux. J’ai énormément appris avec toi. J’ai retrouvé foi en l’humanité. J’ai petit à petit excellé dans l’art de vivre au jour le jour, mettant de côté mon esprit perfectionniste et planificateur. J’ai relâché mon emprise sur le « je veux tout voir » et ai profité des gens que tu me présentais.

J’ai également souffert. Tu m’as donné du fil à retordre, des choix à faire.
J’avais parfois du mal avec ton trop plein de politesse. J’ai adoré tes sourires au début, tes petits mots qui rendent la vie sympa, tes « comment ça va » à chaque fois que je rentrais dans un magasin. Mais après plusieurs mois, j’ai fini par me demander si tu m’appréciais à ma juste valeur ou si tu me considérais comme une fille de passage avec qui il fallait être sympa.

Je ne pars pas sans doutes car je tiens beaucoup à toi. Mais l’excitation d’une nouvelle aventure comble un peu cette tristesse qui m’envahit aujourd’hui. Après t’avoir rêvé pendant au moins 6 ans, j’ai fini par te rencontrer… sans regret! 2014 a été riche grâce à toi et je t’en remercie. A bientôt je l’espère, Nouvelle-Zélande, mon amie. Carpe Diem.

Le vieil homme et l’océan

Assise sur ce fauteuil écru, je regarde l’océan. Mes derniers jours en Nouvelle-Zélande, ce feront à bord de Defiance. Je suis fatiguée. Après plus d’un an de voyage, j’ai ce besoin physique et moral de me poser. Et pourtant…

Après quelques semaines sur Waiheke, à essayer désespéramment de mettre quelques sous de côté, j’ai fini par me décider à aller retrouver David. Cet homme de 75 ans est une vieille connaissance. Rencontré un an plus tôt, alors que je décidais de faire mon premier woofing sur son bateau, nous sommes restés en contact jusque là. Il m’avait proposé de naviguer de Tauranga à la Bay of Islands avec un de ses amis, mais j’avais poliment refusé voulant profiter encore quelques temps de l’île du sud, avant de rejoindre le nord pour un festival de musique. Me voilà à nouveau sur son bateau, joignant mon besoin de mobilité à mon besoin de stabilité.

C’est de Russel que nous partons. Premier port et capitale de Nouvelle-Zélande, Russel était au 19ème siècle, le point de rassemblement des navigateurs, chasseurs de baleines et autres marchands. A l’époque, aucune loi ne s’impose à la ville, alors connue comme le “Hellhole of the Pacific”, où l’amour de l’alcool et de la bonne chair va bon train. Aujourd’hui, ses maisons blanches lui donnent un air doux et d’antan.

Nous passons la nuit, à quelques rames d’ici. Bercée par les vagues, je somnole. C’est qu’il n’y pas grand chose à faire, à part écouter le vieil homme et la mer. Le vent se calme nous laissant prendre la route pour Oke Bay, où je poserai le pied à terre le temps d’une balade.

L’odeur du gingembre, émanant de diner du soir me réveille de mes songes, et nous repartons, cette fois-ci pour Deep Water Cove. Le skipper me montre sur le radar la trace d’un bateau et me raconte que l’épave du Canterbury a été mis là à disposition des plongeurs. L’eau est trop froide pour que je m’y aventure, j’opte alors pour une randonnée de 5h, sur le Cape Brett Track. Il est bon de marcher seule. Le vieil homme peut être agaçant parfois avec ses histoires de femmes et de bons vins.

Le lendemain, nous prenons le large. 3h au cœur de l’océan et je m’attelle tant bien que mal à l’avant du bateau, telle une proue en détresse. Cheveux aux vents, le mal de mer m’échappe, tandis que mes yeux naviguent sur l’océan. Les îles Cavalli se rapprochent et nous jetons l’ancre tout près de Motukawanui. Le temps d’une nuit et d’une randonnée traversant celle-ci et nous repartirons un peu précipitamment vers Whangaroa Harbour, pour une traversée chaotique. IMG_0110 La quiétude du lieu me fait vite oublier que j’entame mon avant-dernière semaine en Nouvelle-Zélande. Mon hôte me réveille à 6h30 pour que nous partions marée haute à bord du dinghy, afin de profiter d’une balade sur la rivière tout près. Je ne suis pas du matin, mais l’atmosphère qui se dégage de cette micro-aventure me calme. Je m’attends clairement à voir surgir un crocodile, ma tête étant sans doute déjà partie en Australie…

Après quelques grimpés plus ardues, telle le Mont John ou le Duke’s Nose offrant une perspective différente sur le port, je retourne à bord de Defiance.

Lorsque le soleil se lève le lendemain, j’ai cette impression de me retrouver au cœur d’Avatar, bercée par quelques nuages. Deux semaines se sont écoulées et il est déjà temps pour moi de repartir.

Mon hôte me confie que pour lui la côte Est de l’ile du nord, est la plus belle du pays. Il y a encore tant à voir… Je serais bien montée plus au nord en direction du Cap Reinga ou plus au sud dans le Golfe d’Hauraki, à la découverte de la Great Barrier Island. Heureusement que l’île du Sud compte de très beaux points de navigation, calmant ma soif d’océan… le célèbre Milford Sound, magique malgré les sandflies et la mer de Tasman, près du parc national au même nom. IMG_4913

Je reprends doucement pied à terre laissant le vieil homme et la mer. Il sera bientôt temps pour moi de reprendre la route, loin des côtes néo-zélandaises.

50 nuances de green à Hokitika

Après avoir passé une semaine à Arthur’s Pass, me voilà levant le pouce devant le seul shop du coin. 5 min après, un homme qui me rappelle vaguement quelqu’un, me dit qu’il va faire quelques photos sur la Côte Ouest. Je monte. Mon conducteur aux cheveux blonds me parle alors de son père. Il me dit qu’il a écrit un livre sur sa vie en Russie avant de quitter ce monde. Le temps file, les mots s’échangent autour de l’Europe et du voyage. Il me dépose à Hokitika, je lui propose un café, il y rajoutera un éclair au chocolat.

Il pleut. Bienvenue sur la Côte Ouest me dis-je. Après un petit tour à la bibliothèque pour naviguer quelques heures sur Internet, J. vient me chercher. C’est la première fois que je vais faire du couchsurfing chez des gens plus agés. J. s’occupe d’une dairy farm. Se levant à 5h du mat elle passe la plupart de ses journées en compagnie de ses vaches. Le mari lui, va prendre un café en ville le matin, avant de ne retourner sculpter ses pierres de jade.

IMG_5695

Je passe mes journées à m’occuper de l’extension de mon visa, à squatter la bibilothèque, à observer de loin les pêcheurs de whitebait et à arpenter la plage dans l’espoir de trouver cette pierre verte dont on parle tellement.
B. me dit que c’est la pierre qui doit te trouver et non l’inverse. IMG_5702Il me présente alors à Steve, « carveur » qui a sa propre boutique un peu excentrée à quelques pas du musée. Après être rentrée dans tous les magasins d’Hokitika, à admirer les pendentifs en jade, je finis par me décider à faire le mien.IMG_5704Le lendemain, je présente mon dessin à S., qui m’aura pris quelques soirées. Il m’indique du papier et un cuter, me propose de le reproduire sur la pierre que j’ai choisi puis m’indique le diamant avec lequel je suis censée faire apparaître les contours de mon bijou. Pas très présent, je finis par lui montrer le travail avancé. Il m’aide un peu à le fignoler d’un coup de main assuré. Le résultat est là. Après 5h de concentration, le pendentif en or vert se voit agrémenter d’un lien noir, avant de n’être enfermé dans un joli coffret. Ce bijou ne peut être fait pour soi-même, il se doit d’être offert. Ma mère en héritera quelques semaines plus tard pour Noël.

Saviez-vous que l’on appelait cette pierre de jade, pounamu en maori ? Ce caillou est communément surnommé greenstone en anglais, en référence à ses reflets verts. Mais ce serait comme démystifier cette pierre que de l’associer uniquement à sa couleur naturelle.

Le Pounamu joue un rôle important dans la culture maorie. Cette pierre est considérée comme un « taonga « , un trésor, qui passé d’une génération à l’autre, augmente le « mana « , prestige de la personne qui le porte. Contrairement à la Chine, plus la pierre est foncée, plus elle est considérée comme précieuse en Nouvelle-Zélande. On découvre plusieurs significations aux pendentifs en jade. Je vous ai répertorié les principales :Pounamu significationJ’aime beaucoup la signification du Koru. Il rejoint la symbolique de mon départ en Nouvelle-Zélande.
En attendant de porter le précieux autour de mon cou, mon séjour à Hokitika se termine et c’est vers Fox que ma route se poursuit.

NB. Le jade à un prix. Méfiez-vous des magasins de souvenirs qui vendent souvent des pendentifs aux significations empruntées à la culture maorie, avec cependant une pierre venant de Chine.

Démystification du langage

Il y a quelques temps, je me suis retrouvée avec des québécois en plein cœur de la Nouvelle-Zélande. Ma première réaction fut l’excitation. Entendre parler québécois me ramenait 6 ans en arrière dans mon aventure Montréalaise. Passés les prémices, la déception l’emporta et je me suis demandé pourquoi.

Des années plus tôt, je quittais Toulouse pour le Canada. Une année d’échange universitaire qui me réserverait bien des surprises. C’était ma première fois dans un pays étranger, la première fois que je quittais mes parents, que j’étais amenée à trouver un appart, à cuisiner seule, à m’adapter à une nouvelle parcelle du monde mais aussi à une nouvelle langue. On a beau dire qu’ils parlent français au Québec, il m’aura fallu quelques jours pour me faire, tant bien que mal, à ce langage. Je me souviens d’ailleurs d’une soirée bien éméchée où je comprenais 2 fois mieux l’anglais que ce fameux québécois.
J’en suis tombée amoureuse. Amoureuse de ses différences avec le français. Amoureuse de ses particularités. Je trouvais le québécois sexy, indépendant, libre. Mais je me suis rendue compte tout récemment que ce n’était qu’une illusion, que j’avais réussi à projeter sur ce langage mes émotions du moment. Entendre parler québécois me ramenait à une liberté que je n’avais plus, d’où ma première réaction. J’avais imaginé, stéréotypé, fantasmé cette langue pendant des années, pour finir par réaliser que ce qui me faisait vibrer ce n’était au final pas le québécois, mais ce premier voyage qui m’avait ouvert tant d’opportunités sur le monde.

Aujourd’hui, après une année passée en Nouvelle-Zélande, je réalise que j’ai plus de facilité à exprimer mes besoins et émotions en anglais plutôt qu’en français.
Un québécois m’a tendu un jour ce livre, qui m’a fait réaliser que derrière chaque langage, il y avait une part culturelle importante. J’ai alors compris que l’anglais m’aidait à me sortir de ma propre culture, de mon éducation, de mes habitudes pour me dévoiler simplement.
Je ne me sens pas différente à parler une autre langue, je reste moi même, mais ce moi-même s’exprime différemment. Avez-vous déjà ressenti cela vous ?

Ça me fait penser à cet article en anglais qui m’avait fait sourire et qui explique ce que signifie vraiment les phrases utilisées par nos confrères anglophones. Derrière chaque langue se cache donc des formules de politesse, des codes, des maux, des différences culturelles.
Qu’est-ce que cela implique donc d’utiliser l’anglais pour échanger avec nos voisins européens ? Est-ce qu’un enfant dont les parents ont deux nationalités différentes, réagira différemment en fonction de la mère ou du père ? Qu’en est-il du langage des signes et du langage corporel ? Au final, quelle langue vous correspond le plus ?

Ne prenez pas peur…

Soirée à Gillepsies Beach

je pense que derrière tout cela, le sourire reste un langage universel. :)

Les Catlins, 100% nature

Parsemés de cascades, de petits chemins menant aux falaises creusées par la mer agitée, les Catlins invite à la tranquilité. L’air s’engouffre dans mes poumons, les pingouins jouent à cache-cache avec mon objectif et je me sens petite face à cette forêt fossilisée. Ce petit coin de Nouvelle-Zélande, où j’ai passé deux journées après Stewart Island, est décidément 100% nature.

Cadavres exquis d’une voyageuse #2

Le pouce tendu, je tâche de sourire. Je me dis que ça va être difficile de trouver une voiture aujourd’hui. La gorge serrée, je me concentre sur celles qui passent. Ils tournent tous à gauche. Est-ce que je ne devrais pas mieux marcher un petit peu ? Au fond si personne ne me prend, j’aurais une nouvelle excuse pour contacter G.
Une voiture. Le gars part de mon côté. Parfait!
Comme à mon habitude je me présente et j’oublie ausitôt le nom que l’on me donne. Ça ne me ressemblait pas il y a quelques temps, moi qui mettait toujours un prénom sur un visage. Aujourd’hui, j’ai du mal à me souvenir des histoires que l’on me raconte… et pourtant je m’attache.
Après 2h de route, le gars me dépose et je me retrouve dans une auberge, qui s’avère être un Holiday Park, où les gens passent leur temps dans leur camping-car. Je suis donc seule dans une chambre de 10 lits. Il y a 5 mois j’en rêvais. Il y a 5 mois, je voulais faire un break, m’enfermer dans une pièce où personne ne serait là pour m’emmerder. Il y a 5 mois je n’avais qu’une envie: être seule au moins une soirée. C’était mon burn out… mon burn out du voyage, qui a fini par passer. Et depuis, j’ai fait de nouvelles rencontres.

IMG_6430

Ce qui m’a marqué sur ma première escapade en solo, c’était ces gens inconnus qui s’arrêtaient au milieu de leur route pour venir me demander si, ma carte sous les yeux, je cherchais mon chemin.
Aujourd’hui les gens que je croise ne sont plus des inconnus mais différents morceaux de vie que j’ingurgite. Les collègues, les gens qui me prennent en stop, les couchsurfeurs, les voyageurs, les personnes que je croise sur les sentiers de randonnée et tous les autres avec qui j’échange un sourire.

IMG_2758

Mon voyage ne serait pas aussi riche sans ces rencontres.
Mais il ne serait pas aussi dur non plus.

Quand je quittais Toulouse pour Paris et vice-versa, je savais très bien que je les reverrai. Que dans quelques mois, on se retrouverait autour d’un café, dans une expo ou sur une ville totalement différente, histoire de bouger un peu en France. Aujourd’hui à l’autre bout du monde, mes rencontres se sont diversifiées… géographiquement.

La plupart des couchsurfeurs qui m’accueillent sont néo-zélandais. Les voyageurs que je croise en auberge ou autres pvtistes sont majoritairement européens. C’est cool, tu te dis que ça te fera un pied à terre dans les pays voisins, quand tu reviendras en France… sauf que je ne suis pas prête à rentrer au pays. Avec eux, je partage un repas, des soirées, quelques jours de voyage, des semaines de boulot, un appart, un bout de vie…
Les rencontres sont différentes avec pour chacune d’elle son degré d’attachement. Il y a les légères, où l’on se dit qu’ “on reste en contact, qui sait on se recroisera peut-être ?”. Les rencontres plus fortes, où on fait tout pour se recroiser et celle qu’on continue à construire et alimenter au gré du voyage. Il y a aussi ces coups de coeur amicaux où tu n’as même pas le temps de dire au revoir.

Ces différentes personnalités qui échangent, qui s’entraident, qui me rendent ma foi en l’humanité, c’est génial et intense. Mais au final quand on a choisi d’être nomade, ces rencontres là, tu te dois de les quitter. Il y a un moment donné où nos chemins se séparent et souvent trop vite. Parce qu’on a des objectifs différents, des envies à suivre souvent plus fortes que nos coups de cœur affectifs.

IMG_6663

La boule au ventre je m’éloigne de la voiture. Je me demande si je devrais partir avec eux. Je rentre à l’auberge les larmes aux yeux, haïssant le voyage.
Il a encore fallu que je les quitte… pour mieux les retrouver vous me dites ?

Je me dis souvent que mon fort besoin de découverte me fait passer à côté de belles choses avec les personnes que j’apprécie. Mais c’est un choix… que je remets souvent en question d’ailleurs mais que je contre-balance en me disant qu’une personne quittée, c’est une nouvelle ouverture à l’inconnu. Et c’est tellement vrai. A peine mes derniers échanges posés sur mon carnet, c’est un nouveau chapitre que j’entrouve avec de nouvelles rencontres.

IMG_6239

Et vous, comment le viv(ri)ez-vous ?

Une semaine sur Stewart Island

On parle des îles du nord et du sud pour désigner la Nouvelle-Zélande, mais on oublie souvent la troisième île, qui a tout d’une grande. J’ai nommé Stewart Island.

J’y ai passé une semaine. Travaillant le matin dans une auberge de jeunesse, je désherbais le jardin, qui s’avéra être une jungle dans laquelle mon cochon d’inde serait surement devenu fou à l’idée d’engloutir ses pissenlits géants. Mes après-midi se laissaient bercer par la pluie ou par quelques promenades autour de la seule ville de l’île, Oban.
Il faut savoir qu’il pleut approximativement 265 jours par an ici. Mais les éclaircies sont nombreuses et les journées magnifiques lorsque le soleil s’en vient.

Muni de votre parka et de vos chaussures de randonnée, il y a de quoi faire dans le coin. Les balades de criques en criques se laissent apprécier sur 2-3h et la foule des Great Walks est loin d’être présente sur l’île.
Vous pouvez opter pour le Rakiura Track qui se fait en 3 jours (mais j’ai rencontré des filles qui l’ont tenté sur une journée). Je n’ai pas choisi de le faire car les retours d’expériences que j’ai pu avoir, ne m’ont pas vendu du rêve sur son chemin boueux. D’autres chemins de randonnée plus long sont aussi disponibles.

A défaut de faire une longue marche, j’ai pris le ferry au départ de Golden Bay pour Ulva Island. 20$ l’A/R (prévoyez du cash) et c’est une jolie balade soulignée par le chant des oiseaux, qui vous attend. Le guide papier à l’entrée de la jetée vaut le coup (et coûte 2$) si vous êtes un peu curieux et souhaitez connaître le nom de ces volatiles arborant leur plumage coloré à la discrétion de votre objectif. J’y ai passé 3h dans ce sanctuaire aux oiseaux, y ai découvert de rares spécimens floraux, un paradis paisible sous un soleil présent.

Stewart Island, c’est aussi ses couchers de soleil perché sur un banc de l’Observatory Rock, son musée ouvert le matin pour échapper aux rares déluges, son fish & chips et le délicieux Blue Cod (que vous pouvez aller pêcher au cours d’une sortie en mer). Ou encore ses moules que vous pourrez ramasser à marée basse dans la baie de Thule (ou sur le Rakiura Track) et son Quizz qui égaye la ville tous les dimanches soirs au bar.

Il y a ici plus d’animation qu’à Waipara où j’ai pu passé quelques temps. Les gens sont adorables, détendus, on se sent facilement bien dans ce petit coin de fraicheur. On découvre quelques touches d’humour cachés au cœur de l’île, quelques idées originales mais aussi des Kiwis en liberté (oui je parle bien des oiseaux).

Mason Bay est réputée pour être un spot à Kiwi, mais sans aller jusque là, on peut en apercevoir à la lisière du stade de rugby, du terrain de golf ou encore de l’aérodrome. Pour avoir la chance d’en rencontrer un, munissez vous de votre torche dont vous aurez fixé au préalable un morceau de papier rouge transparent (à demander au DOC) pour ne pas les faire fuir. Soyez patient, silencieux et repérez-vous au bruit des branches qui craquent et du sol qui se laisse explorer. Je sais que c’est tentant, mais surtout n’usez pas de votre flash car vous pourriez rendre cet emblème de la Nouvelle-Zélande aveugle. L’expérience en soi est juste magique, profitez-en sans avoir l’œil collé derrière votre appareil photo 😉 De rares chanceux en aperçoivent même en plein jour… et pour vous consoler il vous reste encore les panneaux de signalisation.

Spotted Kiwi !

Astuce: Si vous souhaitez échapper au mal de mer qu’ont souvent les passagers du bateau partant de Bluff par ces eaux agitées, vous pouvez opter pour l’avion, qui ne vous reviendra pas plus cher en stand-by (vous devez être flexible cependant sur les dates). Ce n’est pas très écologique je dois l’avouer, mais cela reste une option pour profiter à fond de l’île.

Bonnes balades :)

TCQ #4 – Le woofing

Tout ce qu’on ne vous dit pas sur le woofing ! *

Je me dis toujours qu’il faut suivre son 6ème sens, surtout en voyage et parfois il m’arrive de ne pas le faire. Ce fut le cas il y a quelques jours… Voulant ne pas trop dépenser en attendant que le temps soit meilleur pour randonner sur le Kepler Track, j’ai cherché dans l’urgence un woofing. On m’a donné l’adresse de quelqu’un et malgré ma sensation que ça n’allait pas le faire, j’y suis allée. Bien sur ça n’a pas manqué !

Jusque là je n’ai eu que des expériences agréables.
La ou les personnes vous accueillent avec un grand sourire, vous offrent un thé pour vous mettre à l’aise et vous expliquent un peu comment elles voient l’échange. Car oui, le woofing est basé sur l’échange… contre quelques heures de travail, généralement 3 ou 4, on vous offre l’hébergemenent et/ou les repas. Chaque woofing est différent bien sûr, et les conditions aussi. Il faut savoir s’adapter… mais pas trop non plus.

C’est un ami qui m’avait parlé de ce concept, qu’il avait pu tester au Québec. Je m’étais dit que ce n’était pas pour moi, que je préférais bosser pour gagner des sous et non contre un service, mais finalement quand j’ai vu l’annonce de David je me suis inscrite sur HelpX. Ce site vous coûte 20 € par an, vous donne accès à plusieurs pays et les offres sont variées et ne se limitent pas à des jobs dans l’agriculture (comme Wwoof).

Ma première expérience fut donc sur un bateau. J’ai passé une semaine en compagnie d’un vieux loup de mer, sur le Yacht qu’il a construit lui même. Au coeur de la Bay of Island, je nettoyais et polissais le bateau le matin, tandis que mes après-midi étaient consacrées à des balades sur les différentes îles ou à quelques brasses dans l’Océan. Autour de délicieux repas, ce Kiwi qui a parcouru le monde, me contait ses diverses aventures… féminines.

Bay of Island

J’ai retenté quelques mois plus tard à Arthur’s Pass où Renée et Geoff devaient m’accueillir au début de l’hiver dans leur B&B. Ce dernier a pris feu une semaine avant que je ne vienne, ne donnant donc pas suite à ma demande. A la fin de l’hiver, je leur ai reproposé mon aide. Ils ont accepté et mes journées consistaient à nettoyer les meubles noircis et les petits objets qui leur tenaient à coeur. Triste histoire… J’y ai rencontré un couple adorable, à fond dans les élections néo-zélandaises à ce moment là. J’ai appris beaucoup en une semaine sur les potins du coin et la politique du pays, et ai pu admirer au coin du feu les flocons de neige d’un début de printemps.

Arthur's Pass

Puis, j’ai continué ma route à Fox Glacier, où j’ai testé un nouveau woofing dans une auberge de jeunesse. Cette fois-ci je n’étais plus la seule voyageuse, un français et une chinoise étaient là. Le matin, il fallait faire les lits, nettoyer les sanitaires et les après-midi se paufinaient en haut d’un sommet ou au pied d’un glacier.

IMG_6210

Une semaine plus tard, j’étais au Lac Paringa, avec le même genre de mission, tandis que je partageais mes diners avec mes hôtes Ken et Mata, dotés d’un sens de l’humour hilarant. Le reste du temps, je me battais avec les sandflies ou en profiter pour me remettre à lire.

Lac Paringa

Il y a encore quelques jours j’aidais Paula, une femme accueillant des étudiants internationaux pendant l’année et ayant un penchant un peu trop maladif sur la boisson. Mes matinées rythmaient avec désherbage, tandis que mes après-midi étaient dédiées à la recherche d’idées pour mon voyage ou à des randos sur Wanaka.

IMG_6781

Bref, comme vous pouvez le voir, différents portraits se dessinent, parfois des amitiés se créaient mais le principal dans tout ça, est que chacun y trouve son compte.

C’était le cas pour moi, jusqu’à présent.
Je suis censée rester une semaine dans un lodge à 30 min de Te Anau (mais ce que l’annonce ne précise pas c’est qu’il est impossible d’y faire du stop car au moins 20 km se font sur une Gravel Road),
T’arrives, les gens se stressent car tu n’as pas pris ton petit déj… Je leur dis que ce n’est pas grave, que je peux attendre le repas du midi, elles me répondent qu’il se fait à 14h et qu’il faut absolumenet que je mange un bout. Ok… mais apparemment ça leur coûte de me donner quelques céréales. Le gars qui m’a déposé m’a dit qu’elles étaient spéciales. Je commence à dresser le tableau.
Au lieu des 4h maximum généralement demandées aux woofers, c’est 5h que l’on nous impose. Je connaissais les conditions dès le début, c’est d’ailleurs un peu ce qui m’avait mis la puce à l’oreille, mais je me suis dit qu’en « échange » le reste – les hôtes, les repas, l’ambiance – devait être au top. Le reste ?!!
Contre 5h longues heures ennuyantes, Internet n’est pas gratuit (même pas quelques minutes pour pouvoir checker tes emails), il te faut payer tes machines (2$ ça leur revient cher dans les dépenses), pas de réception téléphonique (ça, on y peut rien)… Honnêtement ça ne me dérange pas d’être coupé du monde, ça me permet de faire un break dans mon voyage. Mais l’ambiance y est particulière, l’échange avec mes hôtes limité et cerise sur le gateau (si seulement !), les repas se résument à un gros foutage de gueule. Le riz/carotte/viande cuisiné à l’asiat est très sympa le premier jour. Pas le quatrième !

Je ne pense pas être difficile, vraiment. Mais pour moi le woofing ce n’est pas de la main d’oeuvre gratuite, ça part vraiment d’un bon principe. Malheureusement il y a de plus en plus de personnes qui en profitent, alors faites attention! Lisez les références que les anciens donnent et creuser entre les lignes car tout le monde n’ose pas toujours tout dire. D’ailleurs, lorsque vous devez écrire votre retour d’expérience, faites le avec le fond de votre coeur, ça pourrait éviter aux futurs woofers de mettre les pieds dans un endroit qui n’en vaut vraiment pas la peine.
Faites préciser à votre hôte les conditions de travail, ce qu’il attend de vous et ce que vous pouvez espérer obtenir en échange (parfois seul l’hébergement est offert, parfois les repas sont compris, tout dépend du “deal”) avant de débarquer. Ne vous précipitez pas.
Et surtout ne faites pas comme moi, du woofing pour les mauvaises raisons. J’ai toujours choisi mes lieux avec la plus grande attention, toujours en fonction de la personne qui devait me recevoir, de ce qu’elle me disait et de ce qu’on disait d’elle. Cette fois-ci, j’ai clairement accepté pour raison financière et printanière (pluie). Voulant éviter à tout prix de payer trop de nuits en backpackers, j’ai choisi la facilité et je me retrouve maintenant coincée entre ma capacité à positiver et mon désir de m’évader de cette prison.

A bon entendeur, apprenez de mes leçons. 😉

Cadavres exquis d’une voyageuse #1

Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé les offres d’emploi. Rien ne me passionne dans ce que peut m’offrir le marché français en ce moment. Je repense alors à mon dernier poste, génial sur le papier, les missions l’étaient oui… mais l’ambiance ne me faisait pas lever le matin avec le sourire. Heureusement que ce n’était que pour 6 mois…

Je repense au chemin parcouru. A mes bonnes notes à l’école, ma licence en poche, le jour où j’ai passé un entretien à la fac pour un master et où on m’a clairement dit que je ferais mieux de continuer en école de commerce. Le master en poche, on sort de sa zone de confort et on se retrouve confronté au marché de l’emploi. La crise. Pôle Emploi qui me dit qu’il n’y a rien dans mon secteur, qui m’affirme que je n’aurai pas le droit à une formation car les « sans diplômes » sont prioritaires. Le chômage qui t’enferme dans une routine “faut que je cherche un emploi”, qui te fout dans la case départ sans toucher la cagnotte qu’on t’avait pourtant bien promis sur ton jeu de Monopoly. Tu finis par être étouffé par cette négativité, à déprimer du contexte ambiant. Mais comment veux-tu profiter de ta vie dans ces conditions ?

A l’étranger, il faut faire des concessions. Le ménage, tu n’en auras jamais autant fait de ta vie. Récurer les chiottes ? Passe moi mon bac +5, je vais te montrer.

Franchement, quoi que tu fasses si les gens qui t’entourent sont tops, que l’ambiance est au beau fixe, que demanderais-tu de plus ?

Je me vois mal retourner dans une case… « Hé, t’es qui toi ? Tu fais quoi dans la vie ? »

Je n’ai jamais été plus heureuse que de travailler dehors en plein hiver, à recevoir des décharges électriques dans les mains en pleine nuit car mon sécateur finissait par les user. Le business, le marketing, le tourisme ? Le business, je le vis en en découvrant différents tous les jours, en allant à la rencontre de personnes qui ont montées leur structure ou qui managent les petits employés que nous sommes. Le marketing, moi qui ne jurait que par ça, au final ce ne sont que de belles paroles, non ? Tout change, le modèle économique que tu connais aujourd’hui pourra être à l’opposé demain. Alors à quoi bon ?

Le voyage m’emmène sur des chemins différents. J’apprends à croire en l’humanité et non plus aux belles paroles, j’apprends à m’ouvrir aux rencontres, à mettre mes idées de côté pour en découvrir d’autres. Je découvre l’école de la vie, celle que l’on n’apprend pas à travers les lignes des pages de ton cahier griffonné, que tu auras fini par décorer de tes rêves éveillés, assis sur un banc de classe à te faire engueuler car tu mâchouilles un chewing-gum ou que tu fredonnes discrètement un air de printemps.
Ma vie se compose du moment présent, mon lendemain d’un “on verra” et mon aujourd’hui du “j’ai envie de quoi? ».

Ce n’est peut-être qu’un passage, une façade, mais celle-ci me correspond. Et j’ai bien envie de la vivre encore quelques temps…