Triste Alice

Alice.
Alice, tu me rends triste.
Alice tu me fends le cœur.
Comme si les rires de Flinders Ranges,
S’étaient envolées à travers les flammes,
D’une civilisation décimée,
Par l’homme blanc et les colonies,
Par l’alcool et les sucreries.
La chaleur de Yuendumu s’est évaporée,
À peine ai-je posé mes pieds,
Sur ton sol de béton…
Malheureusement Alice,
C’est toi qui donne l’image aux enfants,
Aux touristes, aux environnants,
Que les aborigènes ne sont que des incapables,
À moitié bourré, bien que trop misérables.
Alice, tu me mets en colère,
Je suis bien trop touchée,
Par tant d’injustice et peu de pitié,
Et pourtant je sais bien que c’est plus compliqué,
Que cela peut y paraître.
Il y a encore quelques centaines d’années,
Ces peuples vivaient dans l’immensité,
D’un continent aujourd’hui ravagé
Par une société de consommation idéalisée.
Je n’ai pas de solution.
Je me pose simplement des questions.
Mais demain Alice je te quitte,
Ne pouvant résister à ce malaise,
Qui me met tellement mal à l’aise,
À chaque fois que je foule tes pas.
Adieu et puis on verra,
Si un jour j’aurais le courage,
D’affronter cette image,
D’un vieillard gueulant,
Mendiant et suppliant,
Ces collégiens venus en visite,
Pour voir la belle Alice.

MacDonnell Ranges, l’échappée d’Alice

Après quelques jours à Alice, le temps de fixer le van, c’est au cœur des Mac Donnells Ranges que nous nous aventurons.

Nous décidons de commencer par l’Ouest sur trois jours.

West MacDonnells RangesWest MacDonnells Range map

De Alice, nous partons directement sur Ellery Creek et la Serpentine Gorge, gardant le Simpson Gap pour le chemin du retour. Malheureusement, le van de nous permet pas d’accès à ces deux points de vue, la route étant bouché par des trous d’eau. Ce n’est pas le cas toute l’année, cela dépend un peu de votre chance mais on va se l’avouer, un 4×4 c’est toujours bien pratique en Australie.

Nous ne nous laissons donc pas abattre et tentons d’aller à Ochre Pits.
La route est bonne et après quelques minutes de marche nous apercevons le dégradé de couleurs ocré. Les aborigènes utilisaient cette argile pour peindre. Aujourd’hui l’utilisation se fait plus rare, mais n’a pas pour autant disparu.

Nous décidons de continuer la balade dans l’espoir d’en prendre plein la vue.

Et débouchons gentiment sur une gorge. L’endroit est paisible et on s’y attarde le temps d’une pause.

MacDonnell National Park

Plus loin, l’Ormiston Gorge se présente à nous et nous décidons d’y passer la nuit. Le lendemain on se prépare à faire la randonnée la plus longue, qui nous oblige à nous mouiller sur le chemin, car l’eau en a recouvert certaines parties. Je laisse donc mon appareil photo de côté, mais voilà que nous nous retrouvons sur un parcours différent. Pas de baignades finalement, mais des vues à couper le souffle que je ne pourrais malheureusement pas partager avec vous 😉

Nous enchaînons sur la Glen Helen Gorge, qui peu farouche, se laisse prendre en photo aisément depuis le parking.

En chemin, nous nous arrêtons au Mont Sonder lookout (l’une des plus hautes montagnes du Territoire du Nord) qui nous offre une vue sur une belle randonnée de 8h, que nous ne pourrons pas faire, car en manque d’un 4×4. Les alentours sont splendides et me rappellent les magnifiques aquarelles de la communauté aborigène de Hermannsburg. Le coin est apparemment encore plus magique au coucher du soleil.

Mt Sonder

Les beautés creusent et il est temps de se pauser au Tylers Pass pour le déjeuner.

Tylers Pass

De là, on y aperçoit Tnorala ou Gosse Bluff.
Pour le peuple aborigène Arrernte, Tnorala aurait été formé lorsqu’un groupe de femme dansaient dans le ciel, en tant que voie lactée. Pendant cette danse, une mère posa son petit dans un porte bébé en bois, qui tomba malencontreusement du bord de la zone de danse et vint percuter la terre, formant les contours de Tnorala. Pour les scientifiques, une comète de 600 mètres serait entré en collision avec la terre. A vous de choisir votre camp 😉

Nous faisons ensuite demi-tour pour retourner sur nos pas et nous arrêter à la Redbank Gorge, qui se situe entre Tylers Pass et Glen Helen Gorge. La route, cependant, semble un peu trop caillouteuse pour le van de Marion. Nous décidons de faire du stop. Un couple de « Grey Nomad », ces gens à la retraite, équipés de maison sur roue ou gros 4×4, qui prennent enfin le temps d’explorer leur pays, nous embarquent avec eux. Ils sont adorables et on finit par partir en balade avec la madame.

Mais il est déjà temps de rebrousser chemin, pour passer la nuit à Standley Chasm.

MacDonnell Ranges MacDonnell Ranges

Le Standley Chasm appartient aux aborigènes et il faut donc s’acquitter d’un droit d’entrée: 12$ par personne ou 18.50$ par personne et par nuit si vous décidez de camper. On a hésité, mais finalement ça valait le coup.

Sur le chemin menant au Standely Chasm se trouve sur votre gauche une bifurcation, menant au section 3 et 4 du Larapinta Trail.

« Mais le Larapinta Trail, c’est quoi ? »

Le Larapinta est un chemin de randonnée de 223 km qui traverse les West MacDonnell Range de Alice Spring au Mont Sonder. Divisé en 12 sections, le trek est gratuit, excepté pour quelques campings et peut se faire sur sa totalité en 12-20 jours, ou sur quelques jours selon les parties choisies. L’eau est disponible un peu partout et vu ce que nous a réservé la grimpée au départ du Standley Chasm, c’est une aventure à ne pas rater !!
Pour plus d’infos: http://www.larapintatrail.com.au

Larapinta Trail - Standley Chasm

Pour nous remettre de nos émotions, nous faisons une dernière halte au Simpsons Gap, avant de ne retourner sur Alice Springs.

Simpsons Gap

East MacDonnell Ranges

East Macdonnell map

Après avoir passé la nuit sur Alice, c’est vers l’Est que nous nous dirigeons. A 110km de là, se trouve Arltunga, la première ville fantôme de l’Australie Centrale. Elle a vu le jour en 1887 suite à une ruée vers l’or. Les chercheurs devaient parcourir 600km souvent à pied, au départ de l’Oodnadatta Track pour atteindre la ville, qui accueillait plus de 300 personnes dans ses beaux jours. Les 40°C des après-midi chauds ne décourageaient pas ces chercheurs d’or venu dans l’espoir de faire fortune. Les mines, encore visibles aujourd’hui, ont été exploitées pendant une trentaine d’année.

Aujourd’hui, on y trouve les restes d’un temps que nos arrières grand-parents auraient pu connaître.

Arltunga Historical Reserve

En chemin…

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Nous découvrons le Ghost Gum, un magnifique eucalyptus blanc que j’ai voulu prendre sous toute les coutures. Mesurant 33m, il aurait apparemment 300 ans et serait le plus large Ghost Gum du pays.

Nous posons ensuite le van à la Trephina Gorge, avant de nous aventurer sur une rando nous offrant des teintes orangées changeantes avec le soleil se couchant. La gorge est magnifique et nous emprunterons un chemin différent le lendemain matin pour l’apprécier sous un nouvel angle.

Trephina Gorge

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Nous reprenons la route vers Alice pour nous arrêter quelques minutes à Corroboree, un lieu sacré pour les Aborigènes.

Corroboree

Puis c’est à Jessie et Emily Gap que nous ralentissons, pour y admirer les peintures du peuple Arrernte, qui représentent les chenilles de l’époque du Dreamtime (création de la terre pour les aborigènes). Les lieux sont magiques et achèvent notre périple dans les MacDonnell Ranges.

Les MacDonnell, cette chaîne de montagne vieille de 800 millions d’année, m’auront réconcilié avec Alice Springs. J’y serais même restée un peu plus longtemps. Par grande fatigue et manque d’organisation, je n’aurais pas arpenter le Larapinta Trail. A charge de revanche, je l’espère.

Une journée à Alice Spring

Plus d’un mois que je suis partie de Melbourne.
L’aventure a été intense et il me tarde de me poser.

Les Grampians, Le Mont Remarkable, Flinders Ranges, l’Oodnadatta Track, Coober Pedy, Uluru, le Kings Canyon se sont enchaînés… ça en fait des randos, des campings gratuits et des heures de route. La fatigue se ressent, les tensions s’en mêlent, il est grand temps pour moi de ralentir. Mais avant cela, bienvenue sur Alice Springs.

Alice.

Alice s’appelait Stuart, à cause de cet explorateur qui fut le premier à traverser l’Australie (après cinq tentatives) en 1862. Alice, c’était à la base le nom du télégraphe qui reliait Darwin à Adélaïde car aussi le nom de la femme de Charles Todd, à la tête du projet. En 1933, la ville fut officiellement nommée Alice Springs. Hé, vous me suivez ?

Alice, quand j’ai posé mes yeux sur toi, je n’ai pas su quoi penser. Pas très belle au premier abord, j’ai voulu creuser. En savoir plus sur ton histoire est devenu ma volonté, alors avec les deux auto-stoppeuses prises à Uluru, on t’a visité.

Alice Springs

On a passé la matinée au cœur de l’Araluen Cultural Precinct, où tous les musées du coin se regroupent. Certains sont gratuits mais les plus intéressants s’offrent au prix d’entrée global de 15$. Un brin d’histoire, une dose d’art et nous étions repus pour la journée.

On a ensuite grimpé sur les hauteurs de ton Anzac Hill, pour y admirer la vue, pleine de promesses sur les McDonalds Ranges…

… avant de partir nous aventurais au cœur de la Telegraph Station.
Établie en 1871, elle permettait de transmettre des messages entre Darwin et Adélaïde, mais aussi de relier l’Australie à l’Angleterre, grâce à un câble sous-marin créé en 1872 de Darwin à Bombay (alors sous influence britannique). La station marque aussi le lieu de la première colonie européenne à Alice Springs.

De celle-ci plusieurs balades sont proposées et nous nous  sommes engagées sur une boucle,  délivrant ses belles couleurs pastels.

Le soir, quelques bières au Montes  et la journée se termine.
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Alice est surement une ville qui se vit plus qu’elle ne se visite. Après quelques jours dans le coin, à y admirer son Street Art, apercevoir le mythique Ghan, me balader au cœur du Botanic Garden et me poser dans mon café préféré – Page 27 – caché au coin d’une arcade de la ville, je ne suis toujours pas convaincue par Alice.

Heureusement qu’il suffit de quelques kilomètres pour se retrouver au creux des vallées et s’en évader.

Kings Canyon, gré de beauté

Tout le monde parle d’Uluru et pourtant Kings Canyon mérite toute votre attention.

Quelle surprise lorsque nous nous engageons sur la Rim Walk, une randonnée de 6km sous le soleil. La première grimpée est rude, mais dès le sommet, la vue annonce la couleur. L’orange-rouge de ces géants de gré érodés depuis des millions d’années est splendide. Je vous avoue avoir très peu de mot pour vous résumer ces 3h à 4h de rando. Encore émerveillée par l’expérience, je vous laisse avec un aperçu grandiose.

Kings Canyon

Et là, au milieu de nulle part, un escalier nous mène au jardin d’Eden. Une source d’eau, sacrée pour les aborigènes Luritja propriétaires des lieux, nous offre un peu d’ombre et une végétation luxuriante. Il est interdit de s’y baigner, mais nous en profitant pour absorber toute la fraicheur du lieu et sa beauté.

Kings Canyon - Jardin d'Eden

Puis nous remontons pour continuer notre balade.

Kings Canyon

Vous l’aurez compris, le Parc National de Warrtaka, à environ 300km d’Alice Spring et Uluru, est tout simplement splendide. Il me laisse encore aujourd’hui sans voix.

Et vous ?

Au cœur du Centre Rouge

Nous quittons Coober Pedy, pour une destination que j’attendais depuis longtemps: Uluru.

Ce caillou au milieu du désert était un peu la raison de ma venue en Australie. Également le pourquoi, j’ai prolongé mon visa d’un an… C’est l’image que j’avais de ce pays, la couleur qui l’englobait, un brin de magie et de culture aborigène.

Après des kilomètres qui ont paru une éternité, une illumination rose pâle apparaissait au milieu de désert. Le Centre Rouge n’était finalement pas si rouge et Uluru pas si orange que ça. Uluru

Les couleurs étaient changeantes et irréelles. Le vert pâle des spinifex contrastait intensément avec l’ocre de la terre, tandis que Uluru se découvrait différente selon les kilomètres.

Pour accéder au Parc National, un pass doit être acheté. Il vous coûtera 25$ par adulte, pour 3 jours.

Jour 1

On décide de passer notre première journée à explorer le Centre Culturel, qui nous offre une introduction sur la culture Anangu. On y apprend que les hommes blancs se sont appropriés l’endroit alors que Uluru et Kata Tjuta sont des lieux sacrés pour les aborigènes. Après des années de protestation, les Anangu sont redevenu propriétaires des terres et aujourd’hui, un management commun est mis en place.

On reste facilement 2h au Centre Culturel, afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé lorsque appareils photos et touristes ont débarqué en 1936. Incompréhension et colère me submerge et je me demande comment les aborigènes restent aujourd’hui impassible face à la horde de touriste qui débarque chaque jour et continue à grimper le rocher, sans aucun respect.

On s’en va prendre du recul à Talinguru Nyakunytjaku, qui nous offre une vue lointaine sur Uluru et Kata Tjuta. C’est aussi l’un des meilleurs spots du Parc pour admirer le lever de soleil.

Les mouches nous tiennent compagnie toute l’après-midi pendant que nous profitons des balades, offrant une jolie introduction sur la place de l’homme et la femme dans la culture aborigène.

Et ceux, jusqu’au coucher du soleil.

Jour 2

Carte UluruLe lendemain, une visite guidée gratuite nous est proposée par l’un des rangers du Parc. Rendez-vous au Mala parking à 10h (les horaires changent selon la saison). La visite est blindée, mais on parvient tant bien que mal à entendre les explications du gars, qui s’avèrent enrichissantes. On le suit jusqu’à la Kantju Gorge, le long de la Mala Walk avant se s’engager la tête pleine d’informations sur la Base Walk, une balade de 3-4h qui fait le tour d’Uluru.

Il fait chaud ce jour là.
La marche est longue et Uluru se s’avère pas si orange que ça.

Saviez-vous que le rocher était en fait du grès, qui aurait oxydé au contact de l’eau ? Sa couleur orange n’est donc qu’apparente et lorsqu’on s’approche du rocher, on découvre la supercherie.

Tout au long de la marche, on comprend ce que signifie Uluru pour le peuple Anangu. Les histoires de Dreamtime reviennent et les lieux sacrés ne peuvent être pris en photo.

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On découvre avec grande surprise que de l’eau est présente dans l’un des creux du rocher – car oui ce dernier n’est pas lisse !
Les sources du Parc tenaient une place importante pour la survie des aborigènes et des animaux. Celle de Mutitjulu est simplement paisible et magique.

Cependant, la chaleur m’étouffe et il me tarde de me poser à l’ombre. Les 10,6 km bouclés, nous nous dirigeons vers Yulara, où le camping s’offre à 10$ la nuit car rempli ce jour-là.

Le soir le coucher de soleil est décevant mais Uluru se tient toujours aussi fier comme un rock.

Jour 3

Dernier jour au cœur du Parc et c’est vers Kata Tjuta que nous nous dirigeons. Le beau temps n’est pas au rendez-vous mais nous optons malgré tout pour la randonnée « The Valley of the Winds ». Le vent est absent, mais la pluie bien présente.

Cela n’a rien enlevé à la magie du lieu. Moins de monde, plus de mystère, des dégradés de rouge et vert…

La boucle prend 4h. Kata Tjuta est aussi connu sous le nom « Monts Olgas ».

Ces derniers nous accompagnent tels de grands sages tristes de voir ce que nous avons fait de ce monde.

Kata Tjuta

Je suis complètement charmée par l’endroit et profite de partager mon émotion à travers quelques cartes postales.

Il est temps de quitter le Parc National et de jeter un dernier regard sur Uluru.

La rencontre aura été intrigante. J’aurais enfin mis un pied au cœur du Centre Rouge mais n’y aurait pas laissé mon cœur comme je l’imaginais.

Dans les entrailles de Coober Pedy

L’arrivée à Coober Pedy s’est fait via l’Odnadatta track. Un paysage désertique, isolé nous accueille avec ses dégradés d’orange et crème.

Coober n’est pas si vieille. Son existence même est liée à la découverte d’opale dans les entrailles alentours en 1915. S’en est d’ailleurs aujourd’hui la capitale mondiale. Mais ce qui frappe au premier abord, c’est son aspect désolant.

Des montagnes fabriquées par l’homme à perte de vue, parsemées d’antennes.

Si vous suivez ces dernières dans les profondeurs de la terre, vous tomberez surement sur une maison. En effet, les températures estivales y sont inhospitalières, les hommes ont donc élus domicile sous terre. Coober Pedy tient d’ailleurs son nom de Kupa Piti, terme aborigène signifiant « trou de l’homme blanc« .

Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous commençons par explorer la maison troglodyte de Faye.
Un couple y habite pendant 6 mois, se relayant avec un autre. Ils ont élu domicile dans cette maison particulière et nous ouvre leur porte le temps d’une visite (5$ l’entrée). La maison a été creusée à la main dans les années 1960 par trois femmes et ce qui l’en reste aujourd’hui est assez impressionnant.

Le gérant nous raconte que le lieu est très agréable à vivre. L’air tempéré ne dépasse par les 20°C. Les économies d’électricité sont donc garanties ! Même si les voisins vivent à quelques mètres, aucun bruit ne leur parvient, la terre se chargeant naturellement de l’isolation. Et lorsque les proprios souhaitent agrandir, il suffit de creuser une nouvelle pièce, en s’assurant bien sûr que personne n’habite à côté 😉

Je trouve le concept sympa, mais la couleur rose pale des murs me donne le tournis. On est loin des mignonnes petites maisons troglodytes turques, que j’avais découvertes les étoiles plein les yeux, il y a plus de 10 ans en Cappadoce.

On ressort ensuite, pour se diriger vers le Big Winch.

Un « if » optimiste donne l’esprit dans lequel évolue Coober Pedy, avec la recherche d’opale. La sculpture plus loin représente le 1er arbre de la ville. C’est sur qu’il n’y en a pas beaucoup avec des températures avoisinants les 40° l’été.
La vue, quant à elle,  s’offre à 360° sur la ville.

Il est ensuite temps de retourner sous terre, avec l’Umoona Museum. Ce musée gratuit est hyper intéressant et on finit par se laisser amadouer pour visiter la mine associée. L’entrée coûte 10$. Un film de 20 minutes nous plonge dans l’histoire de l’opale, avant que la guide aborigène nous mène dans les profondeurs de la terre. Son humour rend la visite irrésistible et on a même le droit de donner un coup de pioche dans la roche friable de la mine. Le Dugout (maison sous terre) a l’air douillé et un café/thé est offert à la fin de la visite, nous laissant le temps d’admirer les bijoux en opale.

Saviez-vous que l’opale était, en quelque sorte, le fossile d’une goutte d’eau ?

Devant le musée, on se retrouve nez à nez avec un décor de film. L’apparence post-apocalyptique de la ville attire de nombreux scénaristes.IMG_4848On file ensuite faire un tour à la Josephine’s art gallery, où un bébé kangourou vient de perdre sa maman. Derrière les peintures aborigènes et didgeridoo se cachent en fait un refuge pour kangourous. Lorsque vous roulez et percutez gravement un kangourou, vérifiez toujours qu’il n’y ai pas de petit dans la poche. Sinon, c’est dans ce genre d’endroit qu’il faut déposer le « joey » pour que les volontaires prennent le relais.

Dernière étape à Coober Pedy: les églises.
Ces dernières sont également creusées dans les entrailles de la terre et on opte pour la Catacomb et Serbian Church. Différentes religions, différents styles.

Derniers rayons de soleil… La vue est magique et toujours autant désolée. Coober Pedy m’a emmené dans les profondeurs de la terre et me laisse avec des images presque irréelles dans un coin de la tête.IMG_4788

En route pour l’Oodnadatta Track

Quand Marion m’a parlé pour la première fois de l’Oonadatta track, j’ai tout de suite été emballée par son côté « désert » et « outback ».

Ces 617km de route non goudronnée suivent une ancienne route commerciale aborigène. C’est aussi la voie originale du train mythique, le Ghan, qui suivait la ligne télégraphique trans-australienne.

Après un passage rapide à Woomera, lieu assez sordide, né d’un projet de lancement de fusée/missile entre la Grande-Bretagne et l’Australie, c’est de Roxby Downs que nous partons à la conquête de l’Oonadatta Track.

Les panneaux nous assurent que les routes sont accessibles, mais nous partons peu confiantes sur notre avancée avec un véhicule ordinaire. Il est souvent recommandé sur les guides touristiques, d’emprunter le track avec un 4×4.

Les premiers kms se passent en douceur et nous faisons un détour vers Marla, pour voir ces sculptures étranges au milieu de l’Outback. Quelques Cacatoès Rosalbin semblent y avoir élu domicile.

Puis nous rebroussons chemin pour poursuivre notre route vers le Lake Eyre South, le plus grand lac salé d’Océanie. Avec ses treize mètres au dessous du niveau de la mer, il fait partie du grand bassin artésien, qui s’étend sur une large zone du pays. Généralement à sec, nous avons eu la chance d’apercevoir une pellicule d’eau lors de notre passage. Des excursions en avion sont organisées. Si vous avez le budget, vous aurez de plus grande chance de l’admirer vu du ciel.

Après avoir passé un moment zen sur les rebords du lac, c’est à Coward Springs que nous nous arrêtons. Un camping se dévoile alors au milieu de nulle part, protégeant un petit spa (droit d’entrée 2$) ainsi qu’un charmant musée. Un véritable Oasis se dessine devant nous et on apprécie amplement la pause.

Pour la petite histoire
Un puits de forage fut creusé à cet endroit en 1887 en prévision de la ligne ferroviaire du Ghan. Hors, dans les années 1920, une crue vint s’abattre sur les plaines alentours et les eaux salés du Grand Bassin Artésien ont rapidement corrodé ce dernier. Le puits s’est alors vu transformé en une piscine naturelle (les fines bulles venant de l’oxydation du métal), prisée par les locaux et voyageurs de l’époque. Lorsque le puits fut réhabilité, un spa imitant l’ancienne piscine « naturelle » fut créé. On peut donc encore aujourd’hui profiter des eaux revitalisantes du bassin artésien et admirer la faune et la flore riche et variée qui s’étend dans cette zone humide.

D’autres sources se trouvent à proximité, mais nous n’avons pas pu nous y aventurer.

Il est l’heure de reprendre la route vers William Creek, dernière étape de l’Oonadatta Track pour nous. Elle serait la plus petite ville d’Australie. Parsemée d’un hôtel, d’une station essence et d’un camping, les couchers de soleil y sont majestueux et son côté isolé l’a rend totalement authentique.

Le lendemain, nous parcourons les quelques kms qui nous séparent de Coober Peddy, avec un van un peu amoché. L’Oodnadatta aura mérité son détour, les couleurs irréelles de l’Outback à jamais gravé dans ma mémoire.

Flinders Ranges, premiers pas dans le Dreamtime

Après quelques jours au cœur du Mont Remarkable, nous voilà en route pour le Parc National Ikara-Flinders Ranges en Australie-Méridoniale.

Les Flinders sont la chaîne de montagne la plus longue du continent. Avec ses 430 km, elle s’étend de Port Pirie au Lac Callabonna et englobe les deux parcs nationaux cités au-dessus.Flinders RangesLa route nous mène à Wilpena. Il est déjà tard. 5 min avant la fermeture du centre d’information, un gars bredouillant nous apprend que notre pass nous permettant d’accéder aux différents parcs nationaux du Sud de l’Australie, ne nous offre pas la nuit au camping du coin. On file donc vers Acraman Campground pour dormir. Le soleil se cache rapidement, nous laissant emprunter la gravel road dans la pénombre. Notre concentration est à son maximum car il va falloir éviter quelques kangourous suicidaires, qui à la vue de leur ombre, prennent souvent peur et se jettent sous les roues. Après quelques kms dans le noir le plus intense, nous y sommes !

Nord du Parc National

Ikara-Flinders Ranges carteAprès une bonne nuit de sommeil, nous nous engageons sur la randonnée Bunyeroo et Wilcolo Creek qui nous offre une vue sur le Wilpena Pound. Les couleurs sont intenses. Je pourrais passer des heures à regarder ce rouge sang s’imbriquait dans ce vert sapin et cet orange sorti tout droit de la terre. C’est notre première rencontre lointaine avec le St Mary Peak, qui me chuchote plein de belles promesses à l’oreille.

De l’autre côté, la vue se découvre profonde et pastel.IMG_4460L’après-midi, c’est au cœur de la Bunyeroo Gorge que nous nous aventurons, avant de ne continuer vers Aroona Campground plus au nord.IMG_4489La Yuluna hike nous propose alors une balade paisible le lendemain sur les traces de Hans Heysen, peintre australien, né allemand, célèbre pour ses aquarelles d’Eucalyptus. On comprend pourquoi l’artiste aimait cet endroit…L’ABC Range est tout aussi splendide.

Nous passerons la nuit au Trezona campground, avant de retourner vers Wilpena et son camping payant.IMG_4526

Wilpena Pound et le temps du rêve

Sur le chemin, nous croisons un couple d’Émeus et leurs petits.IMG_4538Arrivées au camping, nous sympathisons avec Mike, que nous retrouvons le soir même autour du feu.

La légende raconte…

Du moins, c’est comme ça que j’aurais voulu commencer ce paragraphe. Mais Mike parle bien d’histoire, l’histoire de son peuple Adnyamathanha. « Yura Muda » nous dit-il, le temps de la création. Cette histoire commence il y a bien longtemps, lorsque les Flinders Ranges étaient encore plats, sans collines. Yulu, le martin-pêcheur, était le leader de toutes les cérémonies, et se faisait alors attendre. Tout le monde était déjà réuni à Ikara pour la cérémonie et le peuple envoya un message à Yulu pour lui dire que s’il n’était pas de retour très vite, Walha Yura, l’homme dindon la tiendrait lui même. De peur qu’il ne la fasse pas correctement, Yulu fit un feu, prévenant le peuple Adnyamathanha, qu’il serait prompt.
Mais la fumée fut également visible par les Arkurras (serpents) qui décidèrent de suivre Yulu, jusqu’à Wilpena Pound. Ils attendirent près de Copley, se recroquevillant et formant les montagnes alentours sur leur passage. Puis continuant vers le lieu de cérémonie, ils mangèrent tout le monde. Seul Yulu et Walha Yura réussirent à s’en échapper.
Les deux serpents alors malades après avoir tant mangé s’endormirent dans un profond sommeil. Leur corps, encore visibles aujourd’hui, forment les contours du Wilpena Pound. La tête de la femelle serpent dessinant le Beatrice Hill, tandis que celle du mâle représente le St Mary Peak.

Du moins, c’est ce que j’en retiens. Il nous parle aussi d’un kangourou, mais sa langue natale s’enlaçant doucement entre les flammes, me berce tendrement. C’est que les aborigènes sont connus pour leur tradition orale, il est donc dur de retrouver la même version de l’histoire.

St Mary Peak

Le lendemain, c’est à la rencontre de ces deux serpents que nous partons, tant bien que mal après une nuit légèrement arrosée.Capture d’écran 2016-06-11 à 12.30.52Nous prenons la route directe qui mène au sommet en 3h. La grimpée est rude mais nous offre des vues splendides. Nous nous posons à Tenderra Saddle, où nous décidons qu’il n’est pas très juste de monter sur les hauteurs du St Mary Peak. Même si Mike nous a donné son accord la veille, nous nous arrêtons quelques kms avant le sommet par respect pour les croyances aborigènes. Ils n’y montent pas… nous non plus !

Nous redescendons vers le campement par la route la plus longue, faisant une boucle avec le chemin pris auparavant. Les moustiques s’en mêlent et les gouttes de pluie commencent à tomber. Après ces 21km, il était temps de rentrer !

Mike nous offre gracieusement une queue de kangourou cuite sur les braises de manière traditionnelle à notre arrivée. Il va être dur de le quitter. Après une dernière soirée au coin du feu, je m’endors paisiblement, touchée d’avoir pu goûter, le temps de quelques jours, à un autre monde.

Trois jours au Mont Remarkable

Des Grampians, nous nous dirigeons vers le Parc National du Mont Remarkable, sans passer par Adélaïde.

Nous avons opté pour le Pass Holiday à 85$, valable deux mois, qui comprend l’entrée des Parcs Nationaux d’Australie du Sud et les nuits dans certains campings. En effet, tous ne sont pas compris et il faut parfois rajouter quelques piécettes pour les destinations appréciées des touristes.

Après quelques heures de route, nous nous posons au Baroota camping, le seul du coin ayant encore un peu de réception téléphonique.Mount Remarkable MapLe lendemain nous nous aventurons sur le circuit de 18km de la « Hidden Gorge » (gorge cachée).

L’eau y est absente mais la couleur ocre de ses murs de pierre y est impressionnante. La balade est juste sublime.

Le soir, nous reposons le van au camping de la veille, tandis que le lendemain la route nous mène à Melrose à l’Est, pour grimper le Mont Remarkable.

« Son nom indique qu’il l’est et pourtant la vue en haut de son sommet de 906m était bien pâle. Des étendues de champs de couleurs différentes s’élançaient de Melrose, tandis que ma piqure d’abeille me rappelait que la nature était reine. La veille il avait fallu que je photographie un essaim caché au creux d’un tronc… »

Mount RemarkableVous l’aurez compris, cette haute colline qui a nommé le parc, ne m’a pas enchantée. Nous reprenons donc nos forces sur une aire de repos (les campings de Melrose n’étant pas compris dans le Pass) avant de terminer ce chapitre avec l’Alligator Gorge.

Nous optons pour la balade courte, « Gorge Circuit Hike » qui souligne la force de l’eau. Pas une goutte pourtant… La lumière du matin joue  simplement avec les roches, nous laissant admirer de belles couleurs jaunes orangées.

Notre aventure ici s’achève… et c’est vers un Parc National encore plus réputé que nous allons.

 

Quelques jours dans les Grampians

On m’avait parlé des Grampians il y a plus d’un an, lorsque je posais mes pieds sur le sol Australien,  à Melbourne. La route ne m’y avait pas conduite cette fois là.

En partance pour Darwin, l’étape se faisait alors évidente. La route me rappelait ma petite escapade dans les Pyrénées Australiennes avec mon couchsurfer de l’époque. Les eucalyptus étaient bien là, nous offrant une ouverture de lumière, pleine de promesses et d’aventures.IMG_4164
Après avoir passé la nuit à Halls Gap, la route nous mène aux Mckenzie Falls, puissantes et majestueuses.

Sur le chemin du retour, les points de vues s’offrent à nous et me semblent familiers. Un petit air de Blues Mountains peut-être ?IMG_4206Le deuxième jour, pensant que le soleil serait au rendez-vous, nous nous engageons sur le “Wonderland Loop”. La première partie de ces 4-5h de randonnée est belle.

Puis la vue se couvre, nous laissant affronter vent et froid.

Nous passons la nuit au camping gratuit Plantation avant de ne reprendre la route vers le sud pour gravir le Mt Sturgeon. A notre arrivée, le track est fermé, nous faisons donc demi-tour découvrant avec bonheur la Serra Range, chaîne de montagne précédemment cachée par les nuages. IMG_4240Nous retraversons le parc pour aller explorer le nord cette fois, et tombons sur une randonnée magique: la Hollow Mountain. Le changement est radical et la montée escarpée.

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Avant de ne rentrer au van, nous faisons un détour à Gulgun Manja Shelter, où des peintures aborigènes ornent les murs ocres de l’abri rocheux. Le peuple Jardwadjali y a laissé ses traces.

Notre séjour dans les Grampians s’achève et nous admirons une dernière fois le Parc National du haut du Mont Zéro.