Au cœur du Centre Rouge

Nous quittons Coober Pedy, pour une destination que j’attendais depuis longtemps: Uluru.

Ce caillou au milieu du désert était un peu la raison de ma venue en Australie. Également le pourquoi, j’ai prolongé mon visa d’un an… C’est l’image que j’avais de ce pays, la couleur qui l’englobait, un brin de magie et de culture aborigène.

Après des kilomètres qui ont paru une éternité, une illumination rose pâle apparaissait au milieu de désert. Le Centre Rouge n’était finalement pas si rouge et Uluru pas si orange que ça. Uluru

Les couleurs étaient changeantes et irréelles. Le vert pâle des spinifex contrastait intensément avec l’ocre de la terre, tandis que Uluru se découvrait différente selon les kilomètres.

Pour accéder au Parc National, un pass doit être acheté. Il vous coûtera 25$ par adulte, pour 3 jours.

Jour 1

On décide de passer notre première journée à explorer le Centre Culturel, qui nous offre une introduction sur la culture Anangu. On y apprend que les hommes blancs se sont appropriés l’endroit alors que Uluru et Kata Tjuta sont des lieux sacrés pour les aborigènes. Après des années de protestation, les Anangu sont redevenu propriétaires des terres et aujourd’hui, un management commun est mis en place.

On reste facilement 2h au Centre Culturel, afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé lorsque appareils photos et touristes ont débarqué en 1936. Incompréhension et colère me submerge et je me demande comment les aborigènes restent aujourd’hui impassible face à la horde de touriste qui débarque chaque jour et continue à grimper le rocher, sans aucun respect.

On s’en va prendre du recul à Talinguru Nyakunytjaku, qui nous offre une vue lointaine sur Uluru et Kata Tjuta. C’est aussi l’un des meilleurs spots du Parc pour admirer le lever de soleil.

Les mouches nous tiennent compagnie toute l’après-midi pendant que nous profitons des balades, offrant une jolie introduction sur la place de l’homme et la femme dans la culture aborigène.

Et ceux, jusqu’au coucher du soleil.

Jour 2

Carte UluruLe lendemain, une visite guidée gratuite nous est proposée par l’un des rangers du Parc. Rendez-vous au Mala parking à 10h (les horaires changent selon la saison). La visite est blindée, mais on parvient tant bien que mal à entendre les explications du gars, qui s’avèrent enrichissantes. On le suit jusqu’à la Kantju Gorge, le long de la Mala Walk avant se s’engager la tête pleine d’informations sur la Base Walk, une balade de 3-4h qui fait le tour d’Uluru.

Il fait chaud ce jour là.
La marche est longue et Uluru se s’avère pas si orange que ça.

Saviez-vous que le rocher était en fait du grès, qui aurait oxydé au contact de l’eau ? Sa couleur orange n’est donc qu’apparente et lorsqu’on s’approche du rocher, on découvre la supercherie.

Tout au long de la marche, on comprend ce que signifie Uluru pour le peuple Anangu. Les histoires de Dreamtime reviennent et les lieux sacrés ne peuvent être pris en photo.

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On découvre avec grande surprise que de l’eau est présente dans l’un des creux du rocher – car oui ce dernier n’est pas lisse !
Les sources du Parc tenaient une place importante pour la survie des aborigènes et des animaux. Celle de Mutitjulu est simplement paisible et magique.

Cependant, la chaleur m’étouffe et il me tarde de me poser à l’ombre. Les 10,6 km bouclés, nous nous dirigeons vers Yulara, où le camping s’offre à 10$ la nuit car rempli ce jour-là.

Le soir le coucher de soleil est décevant mais Uluru se tient toujours aussi fier comme un rock.

Jour 3

Dernier jour au cœur du Parc et c’est vers Kata Tjuta que nous nous dirigeons. Le beau temps n’est pas au rendez-vous mais nous optons malgré tout pour la randonnée « The Valley of the Winds ». Le vent est absent, mais la pluie bien présente.

Cela n’a rien enlevé à la magie du lieu. Moins de monde, plus de mystère, des dégradés de rouge et vert…

La boucle prend 4h. Kata Tjuta est aussi connu sous le nom « Monts Olgas ».

Ces derniers nous accompagnent tels de grands sages tristes de voir ce que nous avons fait de ce monde.

Kata Tjuta

Je suis complètement charmée par l’endroit et profite de partager mon émotion à travers quelques cartes postales.

Il est temps de quitter le Parc National et de jeter un dernier regard sur Uluru.

La rencontre aura été intrigante. J’aurais enfin mis un pied au cœur du Centre Rouge mais n’y aurait pas laissé mon cœur comme je l’imaginais.

Dans les entrailles de Coober Pedy

L’arrivée à Coober Pedy s’est fait via l’Odnadatta track. Un paysage désertique, isolé nous accueille avec ses dégradés d’orange et crème.

Coober n’est pas si vieille. Son existence même est liée à la découverte d’opale dans les entrailles alentours en 1915. S’en est d’ailleurs aujourd’hui la capitale mondiale. Mais ce qui frappe au premier abord, c’est son aspect désolant.

Des montagnes fabriquées par l’homme à perte de vue, parsemées d’antennes.

Si vous suivez ces dernières dans les profondeurs de la terre, vous tomberez surement sur une maison. En effet, les températures estivales y sont inhospitalières, les hommes ont donc élus domicile sous terre. Coober Pedy tient d’ailleurs son nom de Kupa Piti, terme aborigène signifiant « trou de l’homme blanc« .

Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous commençons par explorer la maison troglodyte de Faye.
Un couple y habite pendant 6 mois, se relayant avec un autre. Ils ont élu domicile dans cette maison particulière et nous ouvre leur porte le temps d’une visite (5$ l’entrée). La maison a été creusée à la main dans les années 1960 par trois femmes et ce qui l’en reste aujourd’hui est assez impressionnant.

Le gérant nous raconte que le lieu est très agréable à vivre. L’air tempéré ne dépasse par les 20°C. Les économies d’électricité sont donc garanties ! Même si les voisins vivent à quelques mètres, aucun bruit ne leur parvient, la terre se chargeant naturellement de l’isolation. Et lorsque les proprios souhaitent agrandir, il suffit de creuser une nouvelle pièce, en s’assurant bien sûr que personne n’habite à côté 😉

Je trouve le concept sympa, mais la couleur rose pale des murs me donne le tournis. On est loin des mignonnes petites maisons troglodytes turques, que j’avais découvertes les étoiles plein les yeux, il y a plus de 10 ans en Cappadoce.

On ressort ensuite, pour se diriger vers le Big Winch.

Un « if » optimiste donne l’esprit dans lequel évolue Coober Pedy, avec la recherche d’opale. La sculpture plus loin représente le 1er arbre de la ville. C’est sur qu’il n’y en a pas beaucoup avec des températures avoisinants les 40° l’été.
La vue, quant à elle,  s’offre à 360° sur la ville.

Il est ensuite temps de retourner sous terre, avec l’Umoona Museum. Ce musée gratuit est hyper intéressant et on finit par se laisser amadouer pour visiter la mine associée. L’entrée coûte 10$. Un film de 20 minutes nous plonge dans l’histoire de l’opale, avant que la guide aborigène nous mène dans les profondeurs de la terre. Son humour rend la visite irrésistible et on a même le droit de donner un coup de pioche dans la roche friable de la mine. Le Dugout (maison sous terre) a l’air douillé et un café/thé est offert à la fin de la visite, nous laissant le temps d’admirer les bijoux en opale.

Saviez-vous que l’opale était, en quelque sorte, le fossile d’une goutte d’eau ?

Devant le musée, on se retrouve nez à nez avec un décor de film. L’apparence post-apocalyptique de la ville attire de nombreux scénaristes.IMG_4848On file ensuite faire un tour à la Josephine’s art gallery, où un bébé kangourou vient de perdre sa maman. Derrière les peintures aborigènes et didgeridoo se cachent en fait un refuge pour kangourous. Lorsque vous roulez et percutez gravement un kangourou, vérifiez toujours qu’il n’y ai pas de petit dans la poche. Sinon, c’est dans ce genre d’endroit qu’il faut déposer le « joey » pour que les volontaires prennent le relais.

Dernière étape à Coober Pedy: les églises.
Ces dernières sont également creusées dans les entrailles de la terre et on opte pour la Catacomb et Serbian Church. Différentes religions, différents styles.

Derniers rayons de soleil… La vue est magique et toujours autant désolée. Coober Pedy m’a emmené dans les profondeurs de la terre et me laisse avec des images presque irréelles dans un coin de la tête.IMG_4788

En route pour l’Oodnadatta Track

Quand Marion m’a parlé pour la première fois de l’Oonadatta track, j’ai tout de suite été emballée par son côté « désert » et « outback ».

Ces 617km de route non goudronnée suivent une ancienne route commerciale aborigène. C’est aussi la voie originale du train mythique, le Ghan, qui suivait la ligne télégraphique trans-australienne.

Après un passage rapide à Woomera, lieu assez sordide, né d’un projet de lancement de fusée/missile entre la Grande-Bretagne et l’Australie, c’est de Roxby Downs que nous partons à la conquête de l’Oonadatta Track.

Les panneaux nous assurent que les routes sont accessibles, mais nous partons peu confiantes sur notre avancée avec un véhicule ordinaire. Il est souvent recommandé sur les guides touristiques, d’emprunter le track avec un 4×4.

Les premiers kms se passent en douceur et nous faisons un détour vers Marla, pour voir ces sculptures étranges au milieu de l’Outback. Quelques Cacatoès Rosalbin semblent y avoir élu domicile.

Puis nous rebroussons chemin pour poursuivre notre route vers le Lake Eyre South, le plus grand lac salé d’Océanie. Avec ses treize mètres au dessous du niveau de la mer, il fait partie du grand bassin artésien, qui s’étend sur une large zone du pays. Généralement à sec, nous avons eu la chance d’apercevoir une pellicule d’eau lors de notre passage. Des excursions en avion sont organisées. Si vous avez le budget, vous aurez de plus grande chance de l’admirer vu du ciel.

Après avoir passé un moment zen sur les rebords du lac, c’est à Coward Springs que nous nous arrêtons. Un camping se dévoile alors au milieu de nulle part, protégeant un petit spa (droit d’entrée 2$) ainsi qu’un charmant musée. Un véritable Oasis se dessine devant nous et on apprécie amplement la pause.

Pour la petite histoire
Un puits de forage fut creusé à cet endroit en 1887 en prévision de la ligne ferroviaire du Ghan. Hors, dans les années 1920, une crue vint s’abattre sur les plaines alentours et les eaux salés du Grand Bassin Artésien ont rapidement corrodé ce dernier. Le puits s’est alors vu transformé en une piscine naturelle (les fines bulles venant de l’oxydation du métal), prisée par les locaux et voyageurs de l’époque. Lorsque le puits fut réhabilité, un spa imitant l’ancienne piscine « naturelle » fut créé. On peut donc encore aujourd’hui profiter des eaux revitalisantes du bassin artésien et admirer la faune et la flore riche et variée qui s’étend dans cette zone humide.

D’autres sources se trouvent à proximité, mais nous n’avons pas pu nous y aventurer.

Il est l’heure de reprendre la route vers William Creek, dernière étape de l’Oonadatta Track pour nous. Elle serait la plus petite ville d’Australie. Parsemée d’un hôtel, d’une station essence et d’un camping, les couchers de soleil y sont majestueux et son côté isolé l’a rend totalement authentique.

Le lendemain, nous parcourons les quelques kms qui nous séparent de Coober Peddy, avec un van un peu amoché. L’Oodnadatta aura mérité son détour, les couleurs irréelles de l’Outback à jamais gravé dans ma mémoire.

Flinders Ranges, premiers pas dans le Dreamtime

Après quelques jours au cœur du Mont Remarkable, nous voilà en route pour le Parc National Ikara-Flinders Ranges en Australie-Méridoniale.

Les Flinders sont la chaîne de montagne la plus longue du continent. Avec ses 430 km, elle s’étend de Port Pirie au Lac Callabonna et englobe les deux parcs nationaux cités au-dessus.Flinders RangesLa route nous mène à Wilpena. Il est déjà tard. 5 min avant la fermeture du centre d’information, un gars bredouillant nous apprend que notre pass nous permettant d’accéder aux différents parcs nationaux du Sud de l’Australie, ne nous offre pas la nuit au camping du coin. On file donc vers Acraman Campground pour dormir. Le soleil se cache rapidement, nous laissant emprunter la gravel road dans la pénombre. Notre concentration est à son maximum car il va falloir éviter quelques kangourous suicidaires, qui à la vue de leur ombre, prennent souvent peur et se jettent sous les roues. Après quelques kms dans le noir le plus intense, nous y sommes !

Nord du Parc National

Ikara-Flinders Ranges carteAprès une bonne nuit de sommeil, nous nous engageons sur la randonnée Bunyeroo et Wilcolo Creek qui nous offre une vue sur le Wilpena Pound. Les couleurs sont intenses. Je pourrais passer des heures à regarder ce rouge sang s’imbriquait dans ce vert sapin et cet orange sorti tout droit de la terre. C’est notre première rencontre lointaine avec le St Mary Peak, qui me chuchote plein de belles promesses à l’oreille.

De l’autre côté, la vue se découvre profonde et pastel.IMG_4460L’après-midi, c’est au cœur de la Bunyeroo Gorge que nous nous aventurons, avant de ne continuer vers Aroona Campground plus au nord.IMG_4489La Yuluna hike nous propose alors une balade paisible le lendemain sur les traces de Hans Heysen, peintre australien, né allemand, célèbre pour ses aquarelles d’Eucalyptus. On comprend pourquoi l’artiste aimait cet endroit…L’ABC Range est tout aussi splendide.

Nous passerons la nuit au Trezona campground, avant de retourner vers Wilpena et son camping payant.IMG_4526

Wilpena Pound et le temps du rêve

Sur le chemin, nous croisons un couple d’Émeus et leurs petits.IMG_4538Arrivées au camping, nous sympathisons avec Mike, que nous retrouvons le soir même autour du feu.

La légende raconte…

Du moins, c’est comme ça que j’aurais voulu commencer ce paragraphe. Mais Mike parle bien d’histoire, l’histoire de son peuple Adnyamathanha. « Yura Muda » nous dit-il, le temps de la création. Cette histoire commence il y a bien longtemps, lorsque les Flinders Ranges étaient encore plats, sans collines. Yulu, le martin-pêcheur, était le leader de toutes les cérémonies, et se faisait alors attendre. Tout le monde était déjà réuni à Ikara pour la cérémonie et le peuple envoya un message à Yulu pour lui dire que s’il n’était pas de retour très vite, Walha Yura, l’homme dindon la tiendrait lui même. De peur qu’il ne la fasse pas correctement, Yulu fit un feu, prévenant le peuple Adnyamathanha, qu’il serait prompt.
Mais la fumée fut également visible par les Arkurras (serpents) qui décidèrent de suivre Yulu, jusqu’à Wilpena Pound. Ils attendirent près de Copley, se recroquevillant et formant les montagnes alentours sur leur passage. Puis continuant vers le lieu de cérémonie, ils mangèrent tout le monde. Seul Yulu et Walha Yura réussirent à s’en échapper.
Les deux serpents alors malades après avoir tant mangé s’endormirent dans un profond sommeil. Leur corps, encore visibles aujourd’hui, forment les contours du Wilpena Pound. La tête de la femelle serpent dessinant le Beatrice Hill, tandis que celle du mâle représente le St Mary Peak.

Du moins, c’est ce que j’en retiens. Il nous parle aussi d’un kangourou, mais sa langue natale s’enlaçant doucement entre les flammes, me berce tendrement. C’est que les aborigènes sont connus pour leur tradition orale, il est donc dur de retrouver la même version de l’histoire.

St Mary Peak

Le lendemain, c’est à la rencontre de ces deux serpents que nous partons, tant bien que mal après une nuit légèrement arrosée.Capture d’écran 2016-06-11 à 12.30.52Nous prenons la route directe qui mène au sommet en 3h. La grimpée est rude mais nous offre des vues splendides. Nous nous posons à Tenderra Saddle, où nous décidons qu’il n’est pas très juste de monter sur les hauteurs du St Mary Peak. Même si Mike nous a donné son accord la veille, nous nous arrêtons quelques kms avant le sommet par respect pour les croyances aborigènes. Ils n’y montent pas… nous non plus !

Nous redescendons vers le campement par la route la plus longue, faisant une boucle avec le chemin pris auparavant. Les moustiques s’en mêlent et les gouttes de pluie commencent à tomber. Après ces 21km, il était temps de rentrer !

Mike nous offre gracieusement une queue de kangourou cuite sur les braises de manière traditionnelle à notre arrivée. Il va être dur de le quitter. Après une dernière soirée au coin du feu, je m’endors paisiblement, touchée d’avoir pu goûter, le temps de quelques jours, à un autre monde.

Trois jours au Mont Remarkable

Des Grampians, nous nous dirigeons vers le Parc National du Mont Remarkable, sans passer par Adélaïde.

Nous avons opté pour le Pass Holiday à 85$, valable deux mois, qui comprend l’entrée des Parcs Nationaux d’Australie du Sud et les nuits dans certains campings. En effet, tous ne sont pas compris et il faut parfois rajouter quelques piécettes pour les destinations appréciées des touristes.

Après quelques heures de route, nous nous posons au Baroota camping, le seul du coin ayant encore un peu de réception téléphonique.Mount Remarkable MapLe lendemain nous nous aventurons sur le circuit de 18km de la « Hidden Gorge » (gorge cachée).

L’eau y est absente mais la couleur ocre de ses murs de pierre y est impressionnante. La balade est juste sublime.

Le soir, nous reposons le van au camping de la veille, tandis que le lendemain la route nous mène à Melrose à l’Est, pour grimper le Mont Remarkable.

« Son nom indique qu’il l’est et pourtant la vue en haut de son sommet de 906m était bien pâle. Des étendues de champs de couleurs différentes s’élançaient de Melrose, tandis que ma piqure d’abeille me rappelait que la nature était reine. La veille il avait fallu que je photographie un essaim caché au creux d’un tronc… »

Mount RemarkableVous l’aurez compris, cette haute colline qui a nommé le parc, ne m’a pas enchantée. Nous reprenons donc nos forces sur une aire de repos (les campings de Melrose n’étant pas compris dans le Pass) avant de terminer ce chapitre avec l’Alligator Gorge.

Nous optons pour la balade courte, « Gorge Circuit Hike » qui souligne la force de l’eau. Pas une goutte pourtant… La lumière du matin joue  simplement avec les roches, nous laissant admirer de belles couleurs jaunes orangées.

Notre aventure ici s’achève… et c’est vers un Parc National encore plus réputé que nous allons.

 

Quelques jours dans les Grampians

On m’avait parlé des Grampians il y a plus d’un an, lorsque je posais mes pieds sur le sol Australien,  à Melbourne. La route ne m’y avait pas conduite cette fois là.

En partance pour Darwin, l’étape se faisait alors évidente. La route me rappelait ma petite escapade dans les Pyrénées Australiennes avec mon couchsurfer de l’époque. Les eucalyptus étaient bien là, nous offrant une ouverture de lumière, pleine de promesses et d’aventures.IMG_4164
Après avoir passé la nuit à Halls Gap, la route nous mène aux Mckenzie Falls, puissantes et majestueuses.

Sur le chemin du retour, les points de vues s’offrent à nous et me semblent familiers. Un petit air de Blues Mountains peut-être ?IMG_4206Le deuxième jour, pensant que le soleil serait au rendez-vous, nous nous engageons sur le “Wonderland Loop”. La première partie de ces 4-5h de randonnée est belle.

Puis la vue se couvre, nous laissant affronter vent et froid.

Nous passons la nuit au camping gratuit Plantation avant de ne reprendre la route vers le sud pour gravir le Mt Sturgeon. A notre arrivée, le track est fermé, nous faisons donc demi-tour découvrant avec bonheur la Serra Range, chaîne de montagne précédemment cachée par les nuages. IMG_4240Nous retraversons le parc pour aller explorer le nord cette fois, et tombons sur une randonnée magique: la Hollow Mountain. Le changement est radical et la montée escarpée.

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Avant de ne rentrer au van, nous faisons un détour à Gulgun Manja Shelter, où des peintures aborigènes ornent les murs ocres de l’abri rocheux. Le peuple Jardwadjali y a laissé ses traces.

Notre séjour dans les Grampians s’achève et nous admirons une dernière fois le Parc National du haut du Mont Zéro.

De Lorinna à Cradle Mountain

Cradle Mountain, c’est une histoire d’amour compliquée.

On m’a plusieurs fois proposé d’y aller, mais le besoin urgent de travailler pour pouvoir prolonger mon visa était ma priorité. Les week-end où je me laissais enfin tenter, les feux de forêt ravageaient la végétation alpine et les routes menant à Cradle restaient fermées. Ce fut une triste période pour la Tasmanie qui perdaient alors des sanctuaires de faune & flore unique au monde, qui ne pourront jamais se régénérer.

Cradle, ce fut une envie folle de partir seule en sac à dos, de m’aventurer sur les chemins laissés par les wombats, d’aller me cacher au loin de toute relation humaine. Cradle, ce fut enfin la délivrance lorsque mes jours étaient comptés, que mon visa était accordé et que je quittais Hobart pour ce petit coin de paradis façon année 68, nommé Lorinna.

Une semaine de HelpX au cœur d’une communauté autosuffisante, un brin hippie mais tellement charmante. Mes hôtes m’ont déposé au départ de l’Overland Track pour que je m’aventure jusqu’au sommet de Cradle.

Dès les premiers pas, c’est l’explosion de couleur automnale.

Les Fagus s’ornent d’or orangé et je souris bêtement devant la beauté du paysage.


De Rosny Creek à Marion Lookout, ça grimpe un peu. Les 300m de dénivelé me font prendre une bouffée d’air frais et c’est cheveux aux vent que j’arrive au point de vue.

Marion Lookout - Cradle Mountain
Le soleil est au beau fixe, mais le vent se dévoile. Je me demande s’il est bien raisonnable de grimper jusqu’au sommet. Mais voyant d’autres personnes continuaient la route vers Kitchen Hut, je me lance avec l’option du demi-tour.

La vue sur Cradle Summit et Barn Bluff est magnifique.

A Kitchen Hut, le track bifurque sur la gauche pour l’ascension. La brochure de l’Overland indique: 2km pour 2-3 heures aller-retour. La montée va être sympathique 😉

Le vent est moins fort sur ce versant. Je m’y aventure donc.

Dans ma montée, je croise plein de gens m’encourageant. Ils sont tous unanimes: l’escalade des rochers menant en haut de ces 1545m en vaut la peine.

En effet…

On y aperçoit Barn Bluff, légèrement plus haut que Cradle Mountain, un des autres détours de l’Overland Track.


Le vent s’engouffre à nouveau sous mon sac… il est déjà temps de redescendre jusqu’au Marion Lookout.
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A. m’a proposé de me récupérer au Dove Lake, l’occasion pour moi de prendre un chemin différent et d’admirer une dernière fois le sommet de Cradle que je viens de quitter.

La boucle est bouclée, je m’éloigne du Parc National le cœur léger.

Freycinet, calme et volupté

Tout le monde en parle de Freycinet avec sa réputée Wineglass Bay, mais peu nous dévoile qu’un track de 3 jours permet de faire le tour du parc national.

On s’est un peu pris la tête sur le chemin du départ avec mon pote descendu de Brisbane. J’espérais secrètement remontée la côte Est en une semaine pour se rendre à la Bay of Fires. Mais finalement nous avons opté pour le Freycinet Peninsula Circuit, peu préparé.

Le départ des randonnées se trouve à la sortie de Coles Bay. Après un pique-nique agité, à échapper aux Wallabies un peu trop gourmands, c’est en direction de Hazards Beach que nous partons. Il faut compter 1h30 pour s’y rendre.

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Juste le temps de prendre quelques photos et nous continuons sur le sable pour rejoindre Cooks Beach (1h30 de randonnée), où nous passerons la nuit au camping gratuit du coin.

Les plages sont magnifiques, les couleurs irréelles et une raie nous fait même l’honneur d’une danse. La nuit tombe vite et laisse place aux curieux opossums.

IMG_3644Le lendemain, la plus grosse partie du track nous attend. De Cooks Beach à Wineglass Bay, en passant par le Mont Graham, c’est de 5 à 6h de marche qu’il faut compter. Nous prenons de la hauteur et la vue sur Wineglass Bay se dévoile.

C’est là où nous campons le soir même.

La lumière y est magique et la douche fraiche le lendemain matin. Après deux jours de randonnée, on s’offre une baignade dans ces eaux cristallines. L’air est froid, le vent se lève, la pluie nous guette. Nous parcourrons la dernière partie du circuit mouillé, avant d’aller nous réchauffer dans un café sur Coles Bay. Le camping de Friendly Beaches nous accueillera sous ce même air humide avant de reprendre la route pour Hobart, les essuie-glace aux aguets.

Freycinet, moi qui ne suis pas une grande fan de plages, je t’ai aimé dès la première foulée.

Mount Field, le parc oublié

Le parc national du Mont Field est souvent zappé par les visiteurs. Et pourtant il offre une végétation riche et des randonnées intéressantes, à seulement 1h de route de Hobart.

Tarn Shelf Circuit

Cela faisait un petit moment que je voulais explorer Mount Field National Park. Mais je repoussais toujours mes aventures, me disant que bientôt je travaillerais à côté pour la saison du houblon. J’ai fini par dire oui lorsque mon couchsurfer m’a proposé de partir camper pour un week-end. Direction Tarn Shelf.

Des étendues d’eau parsèment le chemin tandis que nos yeux s’affutent à la recherche des balises. Le temps n’est pas au beau fixe mais la randonnée plutôt chouette.

On décide de poser la tente à Tarn Shelf près d’un vieux refuge habitant quelques trésors d’antan. La nuit sera mouvementée, entre la pluie et le vent battant le nouvel achat de L.


Le lendemain les nuages sont toujours là et nous finissons la boucle en quelques heures.
Tarn Shelf - Mt Field

Mount Field East

Le week-end d’après, j’étais à nouveau dans le coin et après deux jours intenses de vendanges, je propose à une collègue de s’élancer sur le Mount Field East, un circuit de 6h. Cette fois, le soleil était présent et la balade tellement plus appréciable.

Le paysage change vite et la montée au sommet s’annonce “cayoutique”. Si vous ne vous sentez pas de jouer le cabri sur les rochers, la vue est splendide bien avant le sommet.

La fin du circuit se fait longue et le soleil se couche doucement. Le lendemain une journée de repos nous attendra avant de reprendre le boulot.

Vous l’aurez compris… Mount Field National Park, ce n’est pas seulement les Russell Falls, bien que très belles, accessibles après 20 min de marche au niveau de l’accueil. Pour le reste, il vous faudra vous garer quelques kilomètres plus haut, au second niveau du parc. Bonne randos !

Russell Falls

Maria Island, le paradis Tasman

Maria Island.

Ce nom m’évoquait déjà douceur, féminité et accent chantant. Maria, c’était cette île qui, malgré quelques jours de travail proposé, je choisissais pour passer mon 1er de l’an. Maria, c’est ce paradis bien caché dont je ne me lasse d’en recoller les facettes à moitié dévoilées. Maria c’est ce lieu de caractère qu’il me tarde d’aller retrouver.
Mais venez donc… je vous y emmène.

31 décembre – L’arrivée est atypique. Il faut laisser sa voiture à Triabunna, tandis que le ferry nous embarque pour une traversée secouée avec équipement, nourriture et autres vélos dont nous aurons besoin pour le séjour. Heureusement que l’on y reste deux jours, mon ami ayant embarqué la moitié de sa valise. A l’arrivée, de gros charriots nous permettent d’alléger nos épaules jusqu’au campement à Darlington. C’est là où nous passerons nos deux nuits.

Avec un peu de chance, la famille Wombat vous réservera un accueil aussi privilégié que le notre.

Le week-end de fin d’année étant chargé, nous n’avions pas trop eu le choix niveau ferry et nous n’avions plus que la fin de l’après-midi pour commencer à découvrir Maria Island. C’est à Painted Cliffs que je décide d’emmener R.

La lumière est magnifique et fait ressortir le rouge-orangé de ces falaises de grès. On peut s’y aventurer facilement à marée basse.

Après avoir admiré le soleil couchant, nous retournons au camp pour rencontrer deux Diables de Tasmanie. Leur cri strident nous interpellent et les deux boules de poil semblent se chamailler au creux de la nuit. Cette espèce en voie de disparition est affecté par une tumeur. Maria Island étant coupée de tout, c’est un lieu choisi pour les réintroductions. Il arrive donc quelques fois de pouvoir les croiser à l’orée de la cuisine du campement.

Diable de Tasmanie - Maria Island

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Le 31 au soir, il fallait bien attendre minuit pour se fêter la bonne année. Je propose donc d’aller au bord de l’eau, sur la plage de la Darlington Bay pour admirer les étoiles. L’air est frais et les nuages semblent danser au dessus de l’Océan.

Étant partie quelques nuits plus tôt à la chasse aux aurores australes, je file récupérer mon appareil photo au camp avant de ne retourner sur le sable.
Le verdict tombe:
Aurore Australe - Maria Island
Le spectacle est magique, la nouvelle année commence et je me remets difficilement de mes émotions.

1er janvier – Après une bonne nuit de sommeil et un petit-déj avec nos copains wombat, c’est sur la randonnée Bishop and Clerk que nous nous engageons. S’étendant sur 12km aller-retour, la montée (première moitié) nous donne du fil à retordre. Il faut se l’avouer, ça grimpe sérieusement. Entre deux rochers, je rencontre un Tiger Snake, l’un des reptiles dangereux que l’on peut croiser en Tasmanie. Sa couleur d’un noir intense me laisse sans voix et je continue ma route bien devant mon coéquipier. Au sommet la vue plonge sur l’Océan.

Le retour nous semble long mais nous offre des kangourous sur champ de carte postale. Les couleurs sont belles et nous font regretter de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Nous repartirons le lendemain sur le bateau, quittant Maria et son paradis charmant. J’y retournerais je l’espère, avec un vélo comme compère pour aller explorer le sud de l’île et camper en toute zénitude.