Mon retour en France

9 mois.
9 mois que je suis rentrée au pays.

J’ai l’impression d’être enceinte.
Non pas que j’ai un moyen de comparaison,
mais on dit souvent que les hormones règnent.
Ici c’est l’humeur, le yoyo du retour en France.

Les 1ers mois j’avais une routine,
celle qui te conforte dans le fait
que tu n’as plus à choisir où tu vas dormir le soir,
plus à te préoccuper des sous à mettre de côté.
Tu te lèves chaque matin avec enthousiasme,
dans cette nouvelle ville qui t’a embaumée.

Le retour en France, je l’ai choisi brutal.
Retrouver du travail, reprendre un rythme de 9h à 18h,
passant mes journées derrière un ordinateur,
à parler voyages et pays lointains,
à voir défiler les belles photos des copains.

Alors oui je vivais encore de ma passion,
Heureuse d’avoir eu cette belle opportunité,
alors que je rentrais à peine de voyage.
Mais j’ai peut-être un peu trop forcé.

J’y ai mis beaucoup d’espoir,
beaucoup de volonté,
mais j’entendais souvent la route crier au loin,
de ce cri qui te déchire le cœur,
auquel tu ne sais que faire, que répondre.

Je voyais que la passion des premiers jours
commençait déjà à s’étouffer,
l’ambiance des semaines à rester enfermer,
me faisaient de plus en plus bouger de ma chaise.

La route venait parfois me happer dans mon sommeil,
dans mes nuits de plus en plus courtes,
brisées par la chaleur et les moustiques de cet été 2017.

Les remises en question ont fini par arriver en masse,
et je les ai repoussées d’une trace,
m’offrant un mois en Inde et des week-ends en montagne.

Je me sens comme une femme enceinte…
qui viendrait enfin d’accoucher.
Le retour en France a fini par me toucher
et j’ai du mal à le digérer.

Et vous, vous l’avez vécu comment ?

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