Une semaine sur Stewart Island

On parle des îles du nord et du sud pour désigner la Nouvelle-Zélande, mais on oublie souvent la troisième île, qui a tout d’une grande. J’ai nommé Stewart Island.

J’y ai passé une semaine. Travaillant le matin dans une auberge de jeunesse, je désherbais le jardin, qui s’avéra être une jungle dans laquelle mon cochon d’inde serait surement devenu fou à l’idée d’engloutir ses pissenlits géants. Mes après-midi se laissaient bercer par la pluie ou par quelques promenades autour de la seule ville de l’île, Oban.
Il faut savoir qu’il pleut approximativement 265 jours par an ici. Mais les éclaircies sont nombreuses et les journées magnifiques lorsque le soleil s’en vient.

Muni de votre parka et de vos chaussures de randonnée, il y a de quoi faire dans le coin. Les balades de criques en criques se laissent apprécier sur 2-3h et la foule des Great Walks est loin d’être présente sur l’île.
Vous pouvez opter pour le Rakiura Track qui se fait en 3 jours (mais j’ai rencontré des filles qui l’ont tenté sur une journée). Je n’ai pas choisi de le faire car les retours d’expériences que j’ai pu avoir, ne m’ont pas vendu du rêve sur son chemin boueux. D’autres chemins de randonnée plus long sont aussi disponibles.

A défaut de faire une longue marche, j’ai pris le ferry au départ de Golden Bay pour Ulva Island. 20$ l’A/R (prévoyez du cash) et c’est une jolie balade soulignée par le chant des oiseaux, qui vous attend. Le guide papier à l’entrée de la jetée vaut le coup (et coûte 2$) si vous êtes un peu curieux et souhaitez connaître le nom de ces volatiles arborant leur plumage coloré à la discrétion de votre objectif. J’y ai passé 3h dans ce sanctuaire aux oiseaux, y ai découvert de rares spécimens floraux, un paradis paisible sous un soleil présent.

Stewart Island, c’est aussi ses couchers de soleil perché sur un banc de l’Observatory Rock, son musée ouvert le matin pour échapper aux rares déluges, son fish & chips et le délicieux Blue Cod (que vous pouvez aller pêcher au cours d’une sortie en mer). Ou encore ses moules que vous pourrez ramasser à marée basse dans la baie de Thule (ou sur le Rakiura Track) et son Quizz qui égaye la ville tous les dimanches soirs au bar.

Il y a ici plus d’animation qu’à Waipara où j’ai pu passé quelques temps. Les gens sont adorables, détendus, on se sent facilement bien dans ce petit coin de fraicheur. On découvre quelques touches d’humour cachés au cœur de l’île, quelques idées originales mais aussi des Kiwis en liberté (oui je parle bien des oiseaux).

Mason Bay est réputée pour être un spot à Kiwi, mais sans aller jusque là, on peut en apercevoir à la lisière du stade de rugby, du terrain de golf ou encore de l’aérodrome. Pour avoir la chance d’en rencontrer un, munissez vous de votre torche dont vous aurez fixé au préalable un morceau de papier rouge transparent (à demander au DOC) pour ne pas les faire fuir. Soyez patient, silencieux et repérez-vous au bruit des branches qui craquent et du sol qui se laisse explorer. Je sais que c’est tentant, mais surtout n’usez pas de votre flash car vous pourriez rendre cet emblème de la Nouvelle-Zélande aveugle. L’expérience en soi est juste magique, profitez-en sans avoir l’œil collé derrière votre appareil photo 😉 De rares chanceux en aperçoivent même en plein jour… et pour vous consoler il vous reste encore les panneaux de signalisation.

Spotted Kiwi !

Astuce: Si vous souhaitez échapper au mal de mer qu’ont souvent les passagers du bateau partant de Bluff par ces eaux agitées, vous pouvez opter pour l’avion, qui ne vous reviendra pas plus cher en stand-by (vous devez être flexible cependant sur les dates). Ce n’est pas très écologique je dois l’avouer, mais cela reste une option pour profiter à fond de l’île.

Bonnes balades 🙂

TCQ #4 – Le woofing

Tout ce qu’on ne vous dit pas sur le woofing ! *

Je me dis toujours qu’il faut suivre son 6ème sens, surtout en voyage et parfois il m’arrive de ne pas le faire. Ce fut le cas il y a quelques jours… Voulant ne pas trop dépenser en attendant que le temps soit meilleur pour randonner sur le Kepler Track, j’ai cherché dans l’urgence un woofing. On m’a donné l’adresse de quelqu’un et malgré ma sensation que ça n’allait pas le faire, j’y suis allée. Bien sur ça n’a pas manqué !

Jusque là je n’ai eu que des expériences agréables.
La ou les personnes vous accueillent avec un grand sourire, vous offrent un thé pour vous mettre à l’aise et vous expliquent un peu comment elles voient l’échange. Car oui, le woofing est basé sur l’échange… contre quelques heures de travail, généralement 3 ou 4, on vous offre l’hébergemenent et/ou les repas. Chaque woofing est différent bien sûr, et les conditions aussi. Il faut savoir s’adapter… mais pas trop non plus.

C’est un ami qui m’avait parlé de ce concept, qu’il avait pu tester au Québec. Je m’étais dit que ce n’était pas pour moi, que je préférais bosser pour gagner des sous et non contre un service, mais finalement quand j’ai vu l’annonce de David je me suis inscrite sur HelpX. Ce site vous coûte 20 € par an, vous donne accès à plusieurs pays et les offres sont variées et ne se limitent pas à des jobs dans l’agriculture (comme Wwoof).

Ma première expérience fut donc sur un bateau. J’ai passé une semaine en compagnie d’un vieux loup de mer, sur le Yacht qu’il a construit lui même. Au coeur de la Bay of Island, je nettoyais et polissais le bateau le matin, tandis que mes après-midi étaient consacrées à des balades sur les différentes îles ou à quelques brasses dans l’Océan. Autour de délicieux repas, ce Kiwi qui a parcouru le monde, me contait ses diverses aventures… féminines.

Bay of Island

J’ai retenté quelques mois plus tard à Arthur’s Pass où Renée et Geoff devaient m’accueillir au début de l’hiver dans leur B&B. Ce dernier a pris feu une semaine avant que je ne vienne, ne donnant donc pas suite à ma demande. A la fin de l’hiver, je leur ai reproposé mon aide. Ils ont accepté et mes journées consistaient à nettoyer les meubles noircis et les petits objets qui leur tenaient à coeur. Triste histoire… J’y ai rencontré un couple adorable, à fond dans les élections néo-zélandaises à ce moment là. J’ai appris beaucoup en une semaine sur les potins du coin et la politique du pays, et ai pu admirer au coin du feu les flocons de neige d’un début de printemps.

Arthur's Pass

Puis, j’ai continué ma route à Fox Glacier, où j’ai testé un nouveau woofing dans une auberge de jeunesse. Cette fois-ci je n’étais plus la seule voyageuse, un français et une chinoise étaient là. Le matin, il fallait faire les lits, nettoyer les sanitaires et les après-midi se paufinaient en haut d’un sommet ou au pied d’un glacier.

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Une semaine plus tard, j’étais au Lac Paringa, avec le même genre de mission, tandis que je partageais mes diners avec mes hôtes Ken et Mata, dotés d’un sens de l’humour hilarant. Le reste du temps, je me battais avec les sandflies ou en profiter pour me remettre à lire.

Lac Paringa

Il y a encore quelques jours j’aidais Paula, une femme accueillant des étudiants internationaux pendant l’année et ayant un penchant un peu trop maladif sur la boisson. Mes matinées rythmaient avec désherbage, tandis que mes après-midi étaient dédiées à la recherche d’idées pour mon voyage ou à des randos sur Wanaka.

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Bref, comme vous pouvez le voir, différents portraits se dessinent, parfois des amitiés se créaient mais le principal dans tout ça, est que chacun y trouve son compte.

C’était le cas pour moi, jusqu’à présent.
Je suis censée rester une semaine dans un lodge à 30 min de Te Anau (mais ce que l’annonce ne précise pas c’est qu’il est impossible d’y faire du stop car au moins 20 km se font sur une Gravel Road),
T’arrives, les gens se stressent car tu n’as pas pris ton petit déj… Je leur dis que ce n’est pas grave, que je peux attendre le repas du midi, elles me répondent qu’il se fait à 14h et qu’il faut absolumenet que je mange un bout. Ok… mais apparemment ça leur coûte de me donner quelques céréales. Le gars qui m’a déposé m’a dit qu’elles étaient spéciales. Je commence à dresser le tableau.
Au lieu des 4h maximum généralement demandées aux woofers, c’est 5h que l’on nous impose. Je connaissais les conditions dès le début, c’est d’ailleurs un peu ce qui m’avait mis la puce à l’oreille, mais je me suis dit qu’en « échange » le reste – les hôtes, les repas, l’ambiance – devait être au top. Le reste ?!!
Contre 5h longues heures ennuyantes, Internet n’est pas gratuit (même pas quelques minutes pour pouvoir checker tes emails), il te faut payer tes machines (2$ ça leur revient cher dans les dépenses), pas de réception téléphonique (ça, on y peut rien)… Honnêtement ça ne me dérange pas d’être coupé du monde, ça me permet de faire un break dans mon voyage. Mais l’ambiance y est particulière, l’échange avec mes hôtes limité et cerise sur le gâteau (si seulement !), les repas se résument à un gros foutage de gueule. Le riz/carotte/viande cuisiné à l’asiat est très sympa le premier jour. Pas le quatrième !

Je ne pense pas être difficile, vraiment. Mais pour moi le woofing ce n’est pas de la main d’œuvre gratuite, ça part vraiment d’un bon principe. Malheureusement il y a de plus en plus de personnes qui en profitent, alors faites attention! Lisez les références que les anciens donnent et creuser entre les lignes car tout le monde n’ose pas toujours tout dire. D’ailleurs, lorsque vous devez écrire votre retour d’expérience, faites le avec le fond de votre cœur, ça pourrait éviter aux futurs woofers de mettre les pieds dans un endroit qui n’en vaut vraiment pas la peine.
Faites préciser à votre hôte les conditions de travail, ce qu’il attend de vous et ce que vous pouvez espérer obtenir en échange (parfois seul l’hébergement est offert, parfois les repas sont compris, tout dépend du “deal”) avant de débarquer. Ne vous précipitez pas.
Et surtout ne faites pas comme moi, du woofing pour les mauvaises raisons. J’ai toujours choisi mes lieux avec la plus grande attention, toujours en fonction de la personne qui devait me recevoir, de ce qu’elle me disait et de ce qu’on disait d’elle. Cette fois-ci, j’ai clairement accepté pour raison financière et printanière (pluie). Voulant éviter à tout prix de payer trop de nuits en backpackers, j’ai choisi la facilité et je me retrouve maintenant coincée entre ma capacité à positiver et mon désir de m’évader de cette prison.

A bon entendeur, apprenez de mes leçons. 😉

Cadavres exquis d’une voyageuse #1

Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé les offres d’emploi. Rien ne me passionne dans ce que peut m’offrir le marché français en ce moment. Je repense alors à mon dernier poste, génial sur le papier, les missions l’étaient oui… mais l’ambiance ne me faisait pas lever le matin avec le sourire. Heureusement que ce n’était que pour 6 mois…

Je repense au chemin parcouru. A mes bonnes notes à l’école, ma licence en poche, le jour où j’ai passé un entretien à la fac pour un master et où on m’a clairement dit que je ferais mieux de continuer en école de commerce. Le master en poche, on sort de sa zone de confort et on se retrouve confronté au marché de l’emploi. La crise. Pôle Emploi qui me dit qu’il n’y a rien dans mon secteur, qui m’affirme que je n’aurai pas le droit à une formation car les « sans diplômes » sont prioritaires. Le chômage qui t’enferme dans une routine “faut que je cherche un emploi”, qui te fout dans la case départ sans toucher la cagnotte qu’on t’avait pourtant bien promis sur ton jeu de Monopoly. Tu finis par être étouffé par cette négativité, à déprimer du contexte ambiant. Mais comment veux-tu profiter de ta vie dans ces conditions ?

A l’étranger, il faut faire des concessions. Le ménage, tu n’en auras jamais autant fait de ta vie. Récurer les chiottes ? Passe moi mon bac +5, je vais te montrer.

Franchement, quoi que tu fasses si les gens qui t’entourent sont tops, que l’ambiance est au beau fixe, que demanderais-tu de plus ?

Je me vois mal retourner dans une case… « Hé, t’es qui toi ? Tu fais quoi dans la vie ? »

Je n’ai jamais été plus heureuse que de travailler dehors en plein hiver, à recevoir des décharges électriques dans les mains en pleine nuit car mon sécateur finissait par les user. Le business, le marketing, le tourisme ? Le business, je le vis en en découvrant différents tous les jours, en allant à la rencontre de personnes qui ont montées leur structure ou qui managent les petits employés que nous sommes. Le marketing, moi qui ne jurait que par ça, au final ce ne sont que de belles paroles, non ? Tout change, le modèle économique que tu connais aujourd’hui pourra être à l’opposé demain. Alors à quoi bon ?

Le voyage m’emmène sur des chemins différents. J’apprends à croire en l’humanité et non plus aux belles paroles, j’apprends à m’ouvrir aux rencontres, à mettre mes idées de côté pour en découvrir d’autres. Je découvre l’école de la vie, celle que l’on n’apprend pas à travers les lignes des pages de ton cahier griffonné, que tu auras fini par décorer de tes rêves éveillés, assis sur un banc de classe à te faire engueuler car tu mâchouilles un chewing-gum ou que tu fredonnes discrètement un air de printemps.
Ma vie se compose du moment présent, mon lendemain d’un “on verra” et mon aujourd’hui du “j’ai envie de quoi? ».

Ce n’est peut-être qu’un passage, une façade, mais celle-ci me correspond. Et j’ai bien envie de la vivre encore quelques temps…

Je te hais

Assise dans l’herbe à profiter des doux rayons du printemps, je te vois.
Ton petit corps frêle, recouvert d’un noir velours me désespère.
Ce n’est pas physique.
Tu ne représentes pour moi aucun intérêt et tu le sais.

Malgré tout, tu t’empresses de venir me dire bonjour.
Tu me baises vigoureusement la main et je te repousse.
Tu recules.

Tournant la page de mon livre, je te dévisage du coin de l’œil.
Il y a des choses comme ça qui m’énerve et tu en fais partie.
Je t’avais pourtant dit de ne pas revenir.

Insistante tu tentes à nouveau de communiquer avec moi.
Têtue que je suis, je me focalise tant bien que mal sur mon histoire.
Je croyais que l’ignorance était la plus forte des armes.
Mais tu me démontres encore bien le contraire.

Tu persistes à vouloir t’approcher de moi.
Je me lève alors, mon bouquin sous le bras.
Ce sera au lac cette fois.

Je me pose sur la jetée, loin de toi.
Réchauffée par le soleil, je somnole légèrement.
Je ne te vois plus.
Je me dis que le vent,
celui qui dessine le pourtour des rides du lac,
aura bien fini par te faire fuir.

Mais à défaut de ton cousin lointain, toi tu ne fais pas de bruit.
Je te surprends à nouveau entrain de violer mon intimité.
Cette fois-ci c’est mon pied sur lequel tu t’inclines.
Tu dois avoir un côté fétichiste.

Je vois que tu as encore ramené des copines.
Je t’ai pourtant assurée que l’échangisme ne m’intéressait pas.
Mais je vois que tu ne m’écoutes toujours pas.

J’ai tenu 30 min.
Tu as gagné.
Je m’en vais m’enfermer à nouveau à l’abri du soleil et très loin de toi.

J’avais pourtant caché mes jambes.
Mis le parfum que tu détestais.
J’avais tout fait pour que tu me trouves indésirable, que tu m’ignores.
Il a encore fallu que tu t’empresses de te rapprocher de moi.

Faut-il encore que je me répète ?

Je te hais.
Sandfly, je te hais.

À deux pas de Fox Glacier

La Côte Ouest néo-zélandaise fait beaucoup parler d’elle. Surnommée la « WetCoast » en raison de son caractère bien trempé, j’ai eu bien envie de lui rendre visite. Après quelques recherches sur le site HelpX, j’ai fini par y trouver un woofing plutôt sympa. Je décidais alors de passer 3 semaines (obligatoires) au Fox Glacier Inn, une auberge de jeunesse au cœur de Fox Glacier.
Après quelques tâches ménagères en matinée avec une équipe sympa, j’avais toutes mes après-midi pour explorer le coin. Attention les seules choses à faire ici relèvent de l’activité en plein-air ! Si vous sortez uniquement par grand soleil et que vous n’êtes pas adepte des randos, restez seulement 1 ou 2 jours, le temps de grimper jusqu’aux glaciers et d’aller faire un tour dans la rainforest (forêt tropicale).

Je dois vous avouer qu’en arrivant à Fox, je pensais faire ça ou encore ça, mais pour des raisons de sécurité les randonnées au pied du glacier sont interdites depuis le mois de Juillet, suite aux derniers éboulements. Seules les heli-hike (hélicoptère + rando sur glace) à hauteur de 400 dollars NZ sont proposées. N’hésitez donc pas à vous renseigner avant de venir…

Du coup, vu mon budget limité, je me contenterais de faire quelques randos sympas dans le coin. Venez je vous emmène…

Lac Matheson

Je commence avec le lac Matheson avec un réveil à 6h du mat. C’est apparemment le meilleur moment pour y admirer les reflets du Mont Cook. La lumière prune du matin a laissé place à une aquarelle de reflets bleutés quelques heures plus tard. Un must do !

Gillespies Beach

Pour une soirée sympa autour d’un feu et un magnifique coucher de soleil, rendez-vous à Gillespies beach. Cette plage de galet aux quelques sentiers de randonnées, nous dévoile un aperçu des sommets enneigés par ciel dégagé et quelques inspirations artistiques au gré du bois mort sculptural, lavé et abandonné par la Mer de Tasman.

Fox Glacier

Du long de ces 13km, le glacier peut être admiré derrière quelques barrières garantissant votre sécurité. J’ai entendu beaucoup de gens déçus dire que le glacier était loin et sale (même chose pour son voisin)… soyez positif et souvenez-vous que les glaciers de Fox et Franz Joseph comptent parmi les plus accessibles au monde, de par leur proximité avec l’océan.

De nuit au départ du village, Minnehaha est une balade de 20 min à faire de préférence muni d’une lampe torche. Les vers luisants y parsèment les souches d’arbres, créant une voie lactée terrestre. Gardez les yeux ouverts 😉

Mt Fox Route

Depuis que je suis arrivée à l’auberge, on me taquine avec ce track. « Il faut absolument que tu le fasses, par contre c’est hyper dur. Tu te retrouves parfois face à un mur et la descente n’est pas cool du tout ». Si le retour ne s’apparente pas au Ngauruhoe, je peux surement le faire. Après des jours d’attente dans l’espoir d’un ciel 100% dégagé, mon hôte finit par me donner un jour de congé et je pars donc à l’assaut du Mont Fox malgré les nuages menaçants.

Le panneau d’accueil précise bien que ce sentier n’est pas à prendre à la légère et qu’il est réservé aux randonneurs expérimentés. Mes collègues m’ayant bien mise en garde, je suis prête à franchir le pas. La montée est en effet corsée mais pas impossible. Les arbres m’offrent leurs racines en guise d’escalier et quelques branches pour m’aider à contre-balancer les tablettes de chocolat en trop. L’arrivée au sommet finit par se faire longue, et les nuages ne me font pas de cadeau. Le temps d’une pause repas et j’aurais droit à 2 min d’espoir, mon appareil photo braqué sur ce creux de montagnes ensoleillées.

La descente s’annonce glissante. Frustrée de ne pas avoir vu le panorama qu’aurait du m’offrir cette journée, je me réconforte en me disant que la Nouvelle-Zélande porte bien, encore une fois, son nom maori, Aotearoa, le pays au long nuage blanc.

Mais trêve de nuagerie, le Franz Joseph Glacier nous attend.

Franz Joseph Glacier

Les voyageurs se demandent souvent lequel à la plus longue et la plus grosse. Pour tout vous dire, Fox gagne en longueur (Franz perdant d’1km) mais les glaciers ne restent pas figés. Franz est observable d’un peu plus loin mais de face (après 1h30 de marche via la Ka Roimata o Hine Hukatere Walk), tandis que Fox s’admire de profil à 300m de distance (après 40 min de marche). À vous de choisir…

Alex Knob Track

Mais la meilleure façon d’admirer le Franz Joseph Glacier est encore d’emprunter l’Alex Knob Track, une magnifique randonnée de 6-8h A/R. Equipez-vous bien…Mes photos (la tête hors des nuages cette fois-ci) datent du mois d’octobre et pour vous situer, on est en plein cœur du printemps en Nouvelle-Zélande !

Okarito

À 23 km au nord de Franz Joseph se trouve Okarito. On peut apparemment opter pour une balade en kayak sur la lagune et accéder à la plage déserte de North Beach, mais n’ayant eu aucun retour sur celle-ci j’ai préféré suivre le Three Mile Pack Track. La vue est encore une fois spendide.

En espérant que ces différentes mises en jambe vous aient plu, je vous laisse en compagnie de Mr Kea, rencontré chez Franz, qui semble légèrement fatigué. Et vous, le seriez-vous après ces quelques heures de marche ?