Triste Alice

Alice.
Alice, tu me rends triste.
Alice tu me fends le cœur.


Comme si les rires de Flinders Ranges,
S’étaient envolées à travers les flammes,
D’une civilisation décimée,
Par l’homme blanc et les colonies,
Par l’alcool et les sucreries.
La chaleur de Yuendumu s’est évaporée,
À peine ai-je posé mes pieds,
Sur ton sol de béton…
Malheureusement Alice,
C’est toi qui donne l’image aux enfants,
Aux touristes, aux environnants,
Que les aborigènes ne sont que des incapables,
À moitié bourré, bien que trop misérables.
Alice, tu me mets en colère,
Je suis bien trop touchée,
Par tant d’injustice et peu de pitié,
Et pourtant je sais bien que c’est plus compliqué,
Que cela peut y paraître.
Il y a encore quelques centaines d’années,
Ces peuples vivaient dans l’immensité,
D’un continent aujourd’hui ravagé
Par une société de consommation idéalisée.
Je n’ai pas de solution.
Je me pose simplement des questions.
Mais demain Alice je te quitte,
Ne pouvant résister à ce malaise,
Qui me met tellement mal à l’aise,
À chaque fois que je foule tes pas.
Adieu et puis on verra,
Si un jour j’aurais le courage,
D’affronter cette image,
D’un vieillard gueulant,
Mendiant et suppliant,
Ces collégiens venus en visite,
Pour voir la belle Alice.

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