Un week-end à Grand-Lahou

Avant de partir en Côte d’Ivoire, je m’étais empressée de contacter quelques couchsurfers pour avoir leurs ressentis sur le pays. J’avais cette envie de m’y projetter le plus rapidement possible, car mon contrat de travail devait commencer 1 mois après mon premier entretien. Un local m’a gentiment répondu et me proposait, quelques mois plus tard, un week-end à quelques heures d’Abidjan, à Grand-Lahou.

Organisation

Ce qu’il y a de bien avec couchsurfing, c’est que tu rencontres des personnes souvent sur la même longueur d’onde que toi. Le partage est à l’ordre du jour et tout s’organise assez facilement. Mon compagnon de voyage avait déjà sa voiture, mais j’ai vu quelques auto-stoppeurs locaux sur la Côtière, la route reliant Abidjan à San-Pedro. Cette dernière est en réhabilitation, mais la partie allant de Abidjan à Grand Lahou reste accessible à une voiture basique, hors 4×4.
Partis pour 3 jours, nous avions besoin de quoi subvenir à nos besoins culinaires (eau, couscours, légumes à faire cuire au feu, crème soja et quelques bananes) et d’une tente à poser sur le sable chaud.

Départ pour Grand-Lahou

Nous voici partis à Grand-Lahou. La route en Côte d’Ivoire n’est jamais monotone. Même si les paysages se ressemblent, les couleurs des pagnes dénotent avec le sol jongé de trous. Les discussions s’enchainent et je m’étonne encore d’avoir des conversations aussi ouvertes avec des personnes que je viens à peine de rencontrer. Nous parlons de cette difficulté à se poser, après avoir vécu tous ces voyages qui nous ont vu grandir.

Les plantations environnantes nous accompagnent sur ces 3h de route et on finit doucement par arriver à Grand-Lahou (la nouvelle). En effet, il faut savoir que ce qu’on appelle Lahou Plage aujourd’hui est en fait Grand-Lahou l’original. Aux rives de la lagune Tagba, Grand-Lahou, cette cité si prospère dans un passé colonial, construite sur une étroite bande de sable à l’embouchure du fleuve Bandama, se fait engloutir petit à petit par l’océan. Il en reste encore quelques traces, mais pour combien de temps ? Le Grand-Lahou actuel, où Nicolas notre guide, nous a donné rendez-vous ce matin à l’embarcadère, est une ville nouvelle.

Ce dernier nous fait traverser en pirogue pour que l’on puisse s’installer sur le banc de sable séparant la lagune de l’océan. Il n’y a pas d’ombres à 12h… mais les abris utilisés par les pêcheurs feront l’affaire. Après avoir installé la tente, l’après-midi se résume à la détente, agrémentée de baignades au coeur des vagues ou dans l’eau calme (au choix).

Le soir, Nicolas vient nous récupérer en pirogue pour nous amener à l’ancien village de ce qu’on appelle la « cité aux trois eaux », Lahou-Plage, mon ami voulant faire des photos de nuit. Je n’y verrais pas grand chose, hormis la voie lactée d’un blanc intense. L’électricité se fait rare ici, il vaut mieux aller y faire un tour en journée. Un bon poisson braisé au maquis (restaurant), sans le koutoukou (parait-il excellent) du coin et nous rentrons sur notre île déserte, les pêcheurs ayant quitté le coin au coucher du soleil.

Parc National d’Azagny

Le lendemain, je profite d’un réveil matinal pour aller au Parc National d’Azagny, laissant mon compagnon de route faire la grasse-mât. Il avait contacté l’OIPR (gestionnaire des parcs ivoiriens), quelques jours avant, pour que l’on puisse bénéficier d’un guide.
Deux choix sont possibles:
– Profiter d’une balade fluviale sur la lagune, avec un aperçu du canal d’Azagny et d’une micro-randonnée menant à un observatoire au coeur du parc
– Faire une randonnée de 15 kms au coeur du Parc (qui ne part pas de Grand-Lahou mais plus au nord)
J’ai opté pour la première option et ai rejoint 2 autres groupes de visiteurs. Il faut bien négocier avec le/la guide (ranger du parc) au niveau des tarifs qui semblent varier en fonction des personnes (et du don de négociation). Il faut prendre en compte le prix d’accès au parc (moins cher pour les locaux, 5000 FCFA pour moi), le service de la guide (compter 5000 FCFA) ainsi que les frais d’essence pour l’embarcation.

La balade sur un chemin bien dégagé nous a mené au mirador, offrant une vue sur la savane environnante. J’avais eu l’opportunité de visiter le Parc National de Taï avant ce week-end, j’ai donc été déçue par la visite. En effet, la marche dure une trentaine de minute (dans un groupe avec enfants), la guide nous explique quelques plantes et arbres au passage, mais rien à voir avec le circuit ethnobotanique que j’ai pu vivre à Taï. On va dire que je suis partie biaisée par ma précèdente expérience dans un parc ivoirien, mais ce dernier a l’avantage d’être proche d’Abidjan. La vue du mirador vaut cependant le détour.

Autres alternatives

Après notre aventure, à la découverte du Parc et de l’histoire du Canal d’Azagny (creusé à la main, il aurait servi à quelques trafics), nous avons fait une halte à Cap-Lahou, où bungalows et restauration sont proposés entre lagune et mer. Nous avons profité d’un brunch copieux, avant que je ne rejoigne mon acolyte pour une autre après-midi lecture/yoga/détente, suivi d’un dîner au feu de camp sous les étoiles brillantes.

Le lendemain, c’était déjà l’heure de partir de ce petit paradis pour « week-end entre potes et rendez-vous romantique ». Si vous vous y prenez à l’avance, il est d’ailleurs possible de réserver, pas très loin de toutes ces opportunités,  une ile toute entière pour un maximum de 10 personnes, Les Robinsons de Lahou. Oui, vous avez bien lu! Je ne l’ai personnellement pas testé.

De notre côté, nous avons fait une halte à l’hôtel Le Ravin, qui se trouve dans un lieu splendide  à la sortie de la nouvelle ville. La directrice, une française-américaine, ivoirienne de coeur depuis de nombreuses années, est adorable. Nous profitons d’un repas du midi avec vue sur les collines, avant de finalement rentrer sur Abidjan.

Je n’aurais pas vu de lamentin au coeur de la lagune (plus de chance en saison humide), ni Ponso, le dernier survivant de l’île aux Chimpanzés (triste histoire)… mais j’aurais eu 3 jours de déconnexion totale, en compagnie des pêcheurs, entre Océan Atlantique et lagune Tagba.

Plus d’infos: N’hésitez pas à contacter Nicolas: +225 03 39 61 90

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