Napier, capitale néo-zélandaise d’art deco

Deux échos m’étaient parvenus sur Napier. Beaucoup semblaient déçus du côté art deco tant promu par la ville, d’autres étaient plus enthousiastes à l’idée que j’y fasse un tour. Aimant me faire ma propre opinion sur un lieu, je décidais de tenter ma chance vers Hawkes Bay.

Le beau temps vanté par la région n’est pas au rendez-vous. Je viens de passer 6h30 dans le bus au départ de New Plymouth. Arrivée à Napier, il pleut des cordes. Heureusement il est tard, je me dirige vers mon auberge, le Criterion Hotel, et sombre presque immédiatement dans de doux rêves.

Criterion Hotel Napier

Le lendemain, je profite du petit-déjeuner gratuit, tandis que ma plume creuse le papier de mon carnet de voyage. Je ne me sens point l’âme de sociabiliser aujourd’hui. Les allemands ont envahi les backpackers de Nouvelle-Zélande (ni voyez aucun racisme) et j’avoue de plus en plus apprécier le couchsurfing qui me permet de sortir de ma zone de confort.

J’opte donc pour un tour en ville, malgré la pluie menaçante. Je décide de longer la plage de Napier bercée par le bruit des vagues folles, pestant intérieurement de ne pas avoir la foi de louer un vélo au vu du temps.

Au retour vers le centre d’information, le long de Marine Parade se tient un petit marché (nous sommes dimanche) qui ravitaillera mon estomac le temps d’une pause.

Bluff Hill me tend la main pour une marche digestive et je finis tant bien que mal (ça grimpe et mes mollets ont gardé des restes de randonnées) par arriver en haut. Le panorama donne sur la mer et de jolies maisons bordent les allées.

C’est sans doute ces dernières qui m’auront le plus marquée dans la ville.

Mais il est tant d’aller découvrir pourquoi Napier se fait surnommer la capitale d’art deco de Nouvelle-Zélande.

Je choisis de déambuler sans carte, ni visite guidée (possible le matin à 10h, 14h ou 17h l’été). Je ne suis pas la seule à être accompagné de mon appareil photo cet après-midi. Le troupeau de papis / mamies croisé ce matin m’a bien conforté dans l’idée que je n’étais pas l’unique touriste.

Pour la petite histoire, le centre ville de Napier a été dévasté par un terrible tremblement de terre en 1931. 256 personnes furent tuées. 4000 hectares, autrefois sous les eaux, émergèrent suite à ce phénomène naturel. La ville fut alors reconstruite dans le style art deco de l’époque (il aura fallu 22 mois). Ce n’est qu’au début des années 90 que l’importance architecturale de Napier sera reconnue. Son style est aujourd’hui précieusement protégé, conservé, voire adulé.

Napier me laisse cependant de marbre. J’ai l’impression d’être tombé dans un piège à touriste. Heureusement que les charmants cafés, dont le Groove Kitchen Express qui me tient lieu d’écriture aujourd’hui, me détache quelque peu de cette image de ville musée.

Si le beau temps est au rendez-vous, n’hésitez pas à louer un vélo. J’avais pour projet de pédaler jusqu’à Hastings, ville également touchée par le tremblement de terre et découvrir les vignobles de l’arrière pays. Ce ne sera pas pour cette fois.

Napier ne m’a ni plu, ni déçu. En fait, je ne sais toujours pas quoi penser de mon passage ici. Les joueurs de piano de la ville auront tout de même fini par me décrocher un sourire. Je vous laisse en compagnie de Pokey LaFarge, chanteur américain découvert sur Auckland la semaine dernière, qui s’accommoderait bien du style art deco que nous vante si bien le tourisme de Napier. Bonne balade !

Le Tongariro Alpine Crossing

Vous connaissez déjà mon amour pour la randonnée, mais saviez-vous que c’était l’une des principales raisons qui m’avait poussé à m’envoler pour la Nouvelle-Zélande ? Il faut bien que je vous l’avoue, les paysages vendus sur les brochures touristiques et les gros plans du film Le Seigneur des Anneaux m’ont vendu du rêve. Classique.

Voilà plus d’un mois que je me trouve dans le pays des Kiwis. Jusque là je n’avais arpenté que des bushs walks au cœur de la Bay of Islands, le long des plages du Coromandel ou lors de mon break sur Waiheke Island. Ce n’est pas vraiment ces petites balades sur terrain aménagé, quoique sympathiques, que je suis venue chercher. Après avoir quitté mes compagnons de voyage, avec qui j’avais décidé de parcourir le sud de l’île du nord, pour cause d’incompatibilité de programme et d’envies, je prends mes aises sur Taupo.

Je propose à Christophe, un HelpXer, de se joindre à moi pour le Tongariro Alpine Crossing. J’imaginais une randonnée moyenne, pas très dure comparée à ce que j’avais pu expérimenter en France (pas grand chose en fait). L’article de Stéphanie croisée sur Auckland quelques jours plus tôt m’avait bien inspirée. Ultra-motivée, j’avais pris mes précautions avec litres d’eau, polaire et coupe vent (la base).

Réveil à 5h45, pour prendre le bus à 6h30 en face de mon backpacker (que je vous conseille d’ailleurs), censé nous amener au départ de la randonnée. Il y a du monde… quelques kms de sieste plus tard nous voilà au point de départ, le Mangatepopo parking. Il est 7h30, la brume nous accueille, nous plongeant dans un mélange de douceur et mélancolie.

Mangatepopo

C’est la première fois que je vois autant de personnes sur une rando. Je trouve que ça démystifie assez le parcours et gâche un peu mon expérience. On fait un détour vers les Soda Springs, histoire de laisser prendre de l’avance aux autres marcheurs, que l’on finira par dépasser dans la montée du Devil’s Staircase. Une bonne respiration cadencée et c’est parti pour la grimpette des escaliers. Arrivés en haut, on opte pour le Mt Ngauruhoe, malgré les nuages cachant le sommet de 2291 mètres.

Soda Springs

La montée n’est pas évidente. Mes pieds glissent dans le sable et sur les restes de lave (car oui le Mont Ngauruhoe est un volcan). Il faut redoubler d’effort, user ses chaussures de rando et mettre les mains à la pâte pour arriver au sommet, 1h30 plus tard. Je ne pensais jamais me mettre dans la peau de Gollum, et pourtant c’est bien l’étrange sensation que j’avais en escaladant ce sommet.

Ce n’est pas insurmontable… pour moi le pire reste à venir. Sans trop penser à la suite, on profite de la vue molletonnée.

12h. Mon estomac rempli d’un mélange – cacahouètes, noix, cranberries et chocolat – me redonne de l’énergie. Mon esprit divague dans les bras d’Aragorn tandis que j’imagine les moyens matériels utilisés pour tourner Le Seigneur des Anneaux sur les pentes du volcan, choisi pour illustrer la Montagne du Destin en plein Mordor.

Mais trêve de rêverie, le temps file à une vitesse folle et il ne faut absolument pas que l’on rate notre bus retour à 17h30. Le moment tant appréhendé est là. Il me faut redescendre les pentes du Mont Ngauruhoe. Nos compagnons de route s’élancent comme des cabris ou skieurs échauffés (à vous de choisir) sur chemin glissant. Je suis tétanisée par la peur. Mes parents ne m’ont jamais appris à faire du ski petite. Depuis je suis plutôt réticente lorsqu’il s’agit de descente. Heureusement Christophe m’encourage et m’attend et je finirais péniblement la glissade en 1h de temps au lieu des 30 minutes prévues.
Mais pas le temps de me remettre de mes émotions, nous sommes clairement en retard, il va falloir rattraper le temps perdu pour arriver à tant au Ketetahi parking.

La Montagne du Destin

Epuisée moralement, les genoux encore sous le choc, je jette un dernier regard au Mont Ngauruhoe avant de continuer péniblement ma route. Le passage entre le Cratère Sud et le Cratère Rouge me laisse un peu de répit avant de m’efforcer à remettre mes jambes en position « monter ». L’ascension jusqu’au Red Crater me semble interminable et difficile, mes cuisses à bout et ma tête vide.

Arrivée en haut du Cratère rouge, la vue est splendide. Le temps d’une photo, d’un avalage rapide de pizza et il faut qu’on reparte car le bus ne nous attendra pas.

Sommet du Cratère Rouge

La couleur des Lacs Émeraudes, quelques minutes plus tard, me remettra un peu de baume au cœur, mais l’énervement sera au rendez-vous Christophe me répétant sans cesse qu’on n’a pas le temps. Je me serais bien posé une petite demi-heure devant ces tâches bleu-vertes, jaillissant du jaune pâle, presque lunaire des paysages alentours.

On trace la route après avoir pu prendre, malgré l’empressement, quelques photos. La Rotopaunga Valley s’offre ensuite à nous, délaissant les montées pour une longue, très longue descente.

Mes jambes ne me portant presque plus, je décide de m’élancer sur le chemin en courant. Mes chaussures de randonnée me semblent alors plus légères et me voilà gambadant comme une chèvre entre quelques troupeaux de touristes italiens ou agés. Christophe finira par m’imiter et me délaissait en chemin pour arriver à temps au bus.

Je crois que je suis passée par toutes les émotions durant ces 10h de marche: la fatigue matinale, la douceur du paysage, la montée du Sommet subliminale suivi d’une bouffée d’endorphine, la descente atroce m’offrant peur, frayeur, souffrance et énervement, la mise en mode automatique pour continuer à avancer, les couleurs irréelles des lacs, cette soudaine envie de courir et l’envie de laisser le bus partir.

Mais j’y serais arrivée ! 17h30 – fin de ma Tongariro Alpine Crossing experience. Le bus est encore là, Christophe semble fier de moi. On attendra 30 min supplémentaires les derniers retardataires, l’occasion d’étirer mes muscles fatigués. Je ne verrais pas passer le trajet du retour…

Ne prenez pas cette randonnée à la légère surtout si vous optez pour le premier sommet. Mais n’hésitez surtout pas à la faire, vous aurez surement moins peur que moi dans les descentes… Le Tongariro Alpine Crossing vaut le détour !

Tongariro Alpine Crossing

Une journée sur Waiheke Island

De retour à Auckland, j’ai eu besoin d’un break. Waiheke Island à 35 min de ferry se présentait bien.
Une journée à arpenter ses routes, ses walking tracks, à manger un fish and chips à côté de Palm Beach et me voilà ressourcée.

Mon hôte couchsurfer me propose le vélo de son père. Je préfère opter pour une balade à pied et je ressors ravie de mon choix. Au départ de Wilma Road, j’emprunte Onetangi Rd pour accéder à la plage au même nom. La route est fréquentée mais je décide tout de même de continuer à marcher malgré la possibilité de faire du stop. Les photos qui suivent en seront la raison.

La balade dure une heure et je finis par accepter un bout de chemin en voiture car le ciel se fait menaçant. J’échappe à l’averse de justesse et arrive à m’abriter dans un petit café avec vue sur Onetangi Bay.

Fort heureusement le temps change vite en Nouvelle-Zélande et le soleil décide de refaire une apparition. Je continue donc ma route vers Palm Beach à la conquête de mon repas du midi. Les routes sont loin d’être plates, mais les trottoirs aménagés, parsemés de bancs, permettent de les parcourir en toute sécurité. Les hauteurs m’offrent quelques prises de vues superbes, que je vous laisse côtoyer.

Je me pose sur Palm Beach en me disant que la liberté c’est ça: marcher seule sur le sable, écouter le bruit des vagues et sentir le soleil dorer ma peau. Les pensées affluent et mes réflexions finissent par m’ouvrir l’appétit… je me laisse alors tenter par mon premier fish and chips du pays.

Cette petite pause bien méritée m’apaise. Je reprends ma route à travers le bush pour rejoindre Cory Rd and Junction Rd. Sur le chemin, je croise les écoliers en uniforme finissant l’école vers 15h de l’après-midi.

De retour chez mon hôte, je planifie la suite des aventures. Il est enfin temps de descendre dans le sud.

Singapour en 4 ou 5 jours

J’ai passé quelques jours à Singapour pour marquer une pause entre Paris et Auckland.

L’humidité et le changement de température se mêlent au brouhaha ambiant du Maxwell court food. J’ai toujours eu l’impression que les chinois se gueulaient dessus lorsqu’ils échangeaient. Je sais que ce n’est pas le cas, mais cette sensation m’étouffe… J’ai besoin d’air. Après avoir marché toute la journée dans les rues presque désertes de Singapour, pour cause de Nouvel An Chinois, une bouffée de nature ne me ferait pas de mal.

Une chouette rencontre via Couchsurfing et c’est à Pulau Ubin que je prends mes marques. Un peu de sport et de nature font bon ménage contre le jetlag. L’atmosphère oppressante du début a fini par s’atténuer. Le mélange culturel qu’offre Singapour peut prêter à confusion au départ. Indiens, chinois, malais et autres européens de passage se partagent la ville. Attention à ne pas confondre un Singapourien avec ses « origines ». Si vous lui dites qu’il est chinois, il risquerait de mal le prendre. En effet, beaucoup d’entre eux voient les meilleurs jobs et salaires du marché, occupés par les étrangers, et cela crée quelques tensions entre les différentes communautés. Mais cette mixité dessine les charmes de Singapour, souvent considéré comme une ville de passage. Alors que faire si vous passez par là ?

Côté ville

1) Optez pour un trek urbain de Little India à Chinatown.

Profitez-en pour y découvrir les temples, Sri Veeramakaliamman et Sri Srinivasa Perumal au cœur de Little India ainsi que Sri Mariamman, Thian Hock Keng et Buddha Tooth Relic temple (la dent de Buddha s’expose au public lors du Nouvel an du calendrier chinois) en plein Chinatown.

N’hésitez pas à vous perdre pour y découvrir de jolies façades.

Et finissez votre balade sur Clarke Quay. Calme en journée, la nuit il devient le lieu de rendez-vous des jeunes prêt à danser jusqu’au bout de la nuit.

2) Posez vous à Marina Bay pour quelques photos, faites un détour au Raffles, l’hôtel réputé de la ville et aller dire bonjour au Merlion si vous aimez les clichés.

3) Optez pour une expérience hors du commun à Garden by the Bay, qui se visite de jour comme de nuit. Attention cependant, si vous souhaitez prendre de la hauteur sur le pont reliant ces arbres originaux, allez-y avant 20h30 (à vérifier sur le site). Vous aurez dans tous les cas un point de vue sur le Marina Bay Sands, qui offre à son 57ème étage un panorama sur Singapour.

Côté nature

En plein cœur de la ville se dresse le Fort Canning Park qui rappelle que Singapour a aussi une histoire. La balade n’est pas exceptionnelle, mais elle permet de se poser entre deux quartiers.

4) En revanche, j’ai beaucoup apprécié le Jardin des Orchidées qui se cache au sein du Botanic Garden. Ne prenez pas votre appareil photo, vous risqueriez d’y passer des heures si vous aimez les plantes 😉

5) Le MacRitchie Reservoir regorge quant à lui de rencontres inattendus. Si vous optez pour le HSBC Treetop Walk, vous ne pourrez en faire le tour le lundi (le pont étant fermé). N’attendez pas le soir, non plus, pour vous y rendre car la dernière admission se fait vers 16h45.

6) Mon coup de cœur cependant revient à la journée passée sur l’île de Pulau Ubin. On y accède en ferry (2.5 $ l’aller) et on peut louer un vélo à l’arrivée pour 8 dollars (n’hésitez pas à tester les freins). Choisissez le chemin que vous souhaitez et faites le tour de l’île. Une après-midi suffit, mais vous pouvez y passer amplement la journée. Vous aurez vite l’impression d’avoir quitté Singapour.

Côté culture

7) Singapour regorge de musées et j’ai choisi celui des Civilisations Asiatiques (Asian Civilisation Museum) pour mon dernier jour. La collection est superbe et vous invite carrément à faire un roadtrip en Asie.

À quelques pas de là, un couchsurfer m’a invité à prendre un verre chez lui. J’ai été étonné de n’apercevoir que des bouteilles dans son frigo… jusqu’à ce que je comprenne que ce qu’on disait sur les habitants de Singapour était vrai. Ils adorent manger ! Un repas dans un food court ne vous coutera que 5 dollars, soit environ 2-3€. Reviendrait-il plus cher de cuisiner ? Dans tous les cas, je vous conseille de tester le chicken rice, le sugarcane juice, de gouter au durian (interdit dans tous les transports en commun, je vous laisse deviner pourquoi…) et laissez-vous tenter par un Ais kacang, dessert singapourien qui m’a bien fait rire. Ils raffolent également de shopping (cliché approuvé par un natif) et si vous n’êtes pas en transit pour un plus long voyage, rendez-vous sur Orchard Road.

Il y aurait sans doute encore plein de chose à décrire sur Singapour…mais le seul moyen de comprendre cette ville état, c’est encore de s’y rendre quelques jours, y passer un an avec un working holiday visa ou trouver un travail là bas. Je pourrais m’en lasser par le manque de saisons distinctes ou les bus sans réelles indications… mais je reviendrais certainement rechercher un brin de dynamisme et d’espoir professionnel dans ce coin d’Asie, car Singapour fut pour moi une réelle surprise.

Un grand merci à mes supers hôtes Laeti et Cyril, sans qui l’expérience singapourienne n’aurait été la même.