Updated on octobre 9, 2019
Copenhague, la douce
La première fois que j’y ai mis les pieds… j’ai accroché. Sa douceur m’a subjugué. Le fait que ce soit si calme, alors que c’était une capitale, m’a laissé sans voix. Si seulement je parlais Danois, j’aurais déménagé sur le champ. Quoique… je ne pouvais pas, j’avais encore sur les talons une tripoté d’adolescents qui comptaient sur moi.
Puis j’y suis revenue, quatre mois après, encore pour travailler. Je me suis alors dit qu’il serait peut-être temps d’y partir un week-end seule pour enfin m’y poser, prendre mon temps et y admirer les passants.
Et oui, quand on est animatrice de colonies, on n’est malheureusement pas en vacances. Mais j’en ai quand même un peu profité et vous ai rapporté pour l’occasion quelques clichés..
Le temps d’une promenade en bateau



Rdv à Nyhavn pour embarquer le temps d’une heure sur un bateau qui vous mènera des façades colorés de Copenhague à la Petite Sirène. L’Opéra ou encore le Diamant Noir se laisseront photographier lors de cette traversée commentée en anglais.
D’ailleurs, vous avez sans doute tous vu La Petite Sirène, ce classique de Disney. Mais connaissez-vous l’histoire originale, ce conte écrit par Hans Christian Andersen, romancier danois également à l’origine du Vilain Petit Canard ? Je vous invite à le lire car la fin en est bien triste. La petite sirène ne se marie pas au prince, comme veut bien nous le raconter le dessin animé…
C’est cette mélancolie que l’on retrouve dans le regard de cette petite statue de bronze, érigé en août 1913, aujourd’hui symbole de la ville. Mais comme son histoire ne s’arrête pas là, elle fut vandalisée à maintes reprises et on n’en découvre aujourd’hui que sa copie. Principale attraction touristique de Copenhague, le tête à tête avec La Petite Sirène devient difficile. Mais on finit tout de même par s’y attacher.
Les musées



La capitale regorge de musées. On y découvre le Nationalmuseet consacré à l’histoire du Danemark. Collections vikings, objets traversants les âges et les origines se regroupent au cœur de ce joli musée gratuit. Pour les grands enfants, un étage est même réservé aux jouets et maisons de poupées. A voir absolument !
Les Danois sont réputés pour avoir un goût inconditionnel pour le design. Un musée lui est d’ailleurs dédié à Copenhague: le Dansk Design Center. Ce n’est pas un grand musée, mais une petite balade à contempler les chaises et autres meubles ajustés, mérite un détour. Pour les curieux, je vous conseille de vous immiscer dans les petites boutiques design que l’on trouve un peu partout dans la ville. On les repère grâce aux prix élevés des objets, mais elles ont le mérite de nous plonger au cœur du design danois.
Côté art, c’est au Statens Museum For Kunst qu’il faut se rendre. Art moderne et peintures glissant du Moyen-Âge à la Renaissance s’y côtoient. Une découverte d’une après-midi suffit.
Enfin, la Glyptothèque consacrée à la pierre et à la sculpture, offre un bon panorama d’antiquités et témoigne à travers certains chef-d’œuvres de l’âge d’or danois.
Autres incontournables



Le Château de Rosenborg se trouve à l’extrémité de la ville. Ce Palais Renaissance garde précieusement aujourd’hui le mobilier royal et les joyaux de la couronne, que l’on trouve au sous-sol. A programmer sur une journée ensoleillée, afin de profiter de son parc.
La place Amalienborg, quant à elle, offre une vue à 360° sur les quatre palais, datant du XVIIIème siècle, faisant office de demeure royale. Le drapeau rouge et blanc signale la présence de la reine sur le toit du Danneborg. Tous les midis, la relève de la garde attire les touristes et curieux bercés par ce pas régulier.
Mon coup de cœur est, cependant, attribué à Rundetarn, cette tour ronde qui serait apparemment le plus vieux observatoire d’Europe, encore en fonctionnement. Ce ne sont pas des escaliers que l’on grimpe pour accéder à une vue imprenable sur Copenhague. C’est une rampe de pavés qui nous accueille, alors érigée par le roi Christian IV en 1642.
Christiania


Je n’avais jamais entendu parler de Christiania avant de mettre les pieds à Copenhague. Et pourtant ! Les fumeurs de produits encore interdits en France en auront surement eu échos, vu que la ventre libre de Cannabis se fait encore aujourd’hui. Mais au delà de ses attraits touristiques, vu que ce village alternatif fait aujourd’hui parti des incontournables de la ville, c’est bien une histoire de résistance qui se dévoile difficilement. Lorsqu’on y pénètre, un sentiment de liberté nous pénètre. On retourne 37 ans en arrière lorsqu’un groupe d’hippies et autres squatteurs ont pris possession des lieux pour y créer une ville libre, autogérée. Bien sûr, il y a eu des déboires et les politiques s’en sont mêlés. Aujourd’hui, une population hétéroclite y cohabite. On y découvre un skate-park dans un vieil hangar, de petites boutiques où on aurait presque envie de tout acheter, des ateliers d’artisans ou de jolis cafés dont on mangerait bien un space cake végétarien. Je ressors de cette zone « hors Europe » (comme un panneau nous le signale) où les photos sont interdites, avec plein de désillusions. J’y ai croisé plus de touristes que d’habitants. Il semblerait que, sur un doux parfum de marijuana, l’utopie d’antan partagée par les pionniers de la contre-culture, se soit perdue entre deux murs ornés de beaux graffitis ou à travers une porte laissée entre-ouverte.
Copenhague, havre urbain de paix


Culturelle, distinguée, paisible, conviviale… Copenhague pourrait se décliner encore et encore, tant il y aurait de choses à décrire. Mais au final, ce ne sont pas les fameux incontournables dont je viens de vous parler, mais bien cette ambiance si particulière qui se dégage de la capitale danoise, que je retiens. Profitez d’une balade à vélo, déambulez dans ses ruelles pastels et colorées, dégustez un Smorrebrod ou prenez une Calsberg sur le bord des canaux pour vous imprégnez au maximum des saveurs de Copenhague. Ce ne sont que les lumières de Tivoli (dont on doit s’acquitter du droit d’entrée, en plus du prix des attractions pour en profiter), qui sur le chemin du retour vers l’auberge, finiront par vous faire émerger de cet état de plénitude.
Updated on octobre 9, 2019
Escale en Bulgarie
Mon séjour en Roumanie a été ponctuée par quelques jours chez sa voisine la bulgare. Proches et si différents, ces deux pays méritent qu’on s’y attarde. Alors animatrice sur une colonie de vacances qui se passait là, le programme était déjà décidé. Pour tout vous avouer, je suis restée sur ma faim. Moi qui aime bien préparer mes escapades, ou me laisser guider par des rencontres locales, le cadre du séjour ne me permettait pas de m’éclipser. Mais je ne vous cache pas que ces trois semaines, entre Bulgarie et Roumanie, ont été ponctuées de jolies découvertes.
C’est en grimpant sur la colline du Tsaravetz, au cœur de la Stara, que cette rose s’offrit à moi. Dans son simple appareil, elle m’accueillit dans son pays avec douceur et parfum floral. C’est cette image que je garde de la Bulgarie.
En rentrant dans une boutique remplie de produits à base de rose, je me souvins que ma grand-mère en avait rapporté un extrait, dans un petit flacon en bois où était gravé Bulgaria. Je n’ai pas mis un pied dans la Vallée Des Roses, mais je peux vous certifier que si vous venez en Bulgarie, cette fleur se mettra en travers de votre chemin. Vous n’aurez alors qu’à vous arrêter quelques secondes et y plonger votre nez au creux de ses délicates pétales colorées.
Mais trêve d’odeurs, je dois m’acquitter du droit d’entrée à la ville fortifiée qui se trouve sur la colline à Veliko Tarnovo.
Il n’y a pas beaucoup d’informations sur place. Après quelques recherches, je me rends compte que je me trouve sur l’ancienne capitale de l’empire bulgare. Aujourd’hui, il n’en reste que la forteresse et l’église, qui abrite de récentes peintures modernes assez étranges (mais qui valent le coup d’œil). Ce lieu nous offre une agréable promenade sous un soleil réconfortant. Il parait que le soir venu, la colline troque son calme et son point de vue pour un son et lumière splendide (zut ! raté !).
Les jeunes finissent pas s’impatienter, et nous retournons vers la ville nouvelle. On y arpente ses rues dynamiques et y découvrons des maisons pastels et quelques inspirations artistiques. Dommage que le temps nous ait manqué !
Le lendemain, c’est au village d’Arbanassi que nous nous rendons, à 6km de Veliko Tarnovo. Nous profitons des maisons, des églises et ruelles pittoresques. Dommage que l’entrée soit payante pour chaque monument… Une visite guidée vaut sans aucun doute le coup pour se plonger au cœur même de l’histoire bulgare.
Hébergés en bungalows au camping Strinava, le lieu nous donne l’opportunité de se rafraîchir dans une piscine au creux des montagnes à quelques pas, mais surtout de découvrir le monastère de Dryanovo.
Un guide nous happe à l’entrée. Il parle français. Il nous répète qu’il adore la France, que nous avons un beau pays, fort de par ses révolutions et nous dit qu’il regrette parfois que les Bulgares soient aussi pacifistes et qu’ils devraient prendre exemple sur nous. De quoi nous faire réfléchir à l’image que notre pays véhicule encore aujourd’hui…
Il nous apprend, par ailleurs, que le monastère fut l’un des plus fort centre culturel du pays et un haut lieu de résistance contre l’Empire Ottoman.
La visite nous mène jusqu’à un éco-trail qui longe la rivière et nous fait grimper sur les hauteurs. Le monastère fait office de point de départ à de belles randonnées, avec sentiers balisés.
Sur la route, nous croisons cet arbre, décoré de bracelets rouges et blancs.
Je demande alors au guide ce que ça représente et il me parle de renouveau.
En fait, le 1er mars, on fête le retour du Printemps en portant la maternitza, ces fils entremêlés rouges et blancs. Le rouge représenterait la femme et le blanc, l’homme. La maternitza symboliserait donc la famille et l’espoir que ramène chaque année le printemps. Ces fils sont portés jusqu’à ce que l’on aperçoive une cigogne ou un oiseau migrateur, puis accrochés à un arbre. C’est pour cela que l’on aperçoit souvent en Bulgarie du rouge et blanc, à travers le vert feuillage.
Cette coutume est entourée de contes et de légendes. On y parle souvent de Khan Asparoukh, le fondateur du royaume bulgare, de la guerre et d’un fil blanc…
Après cette pause tradition, c’est à 3h de là, au bord de la Mer Noire que nous nous dirigeons.
La presqu’île de Nessebar se dévoile sur un soleil couchant. Des maisons boisées se mêlent aux églises byzantines et bulgares. Les petites boutiques bordent les rues, ravissant le touriste en quête de souvenirs. Fondé par les Thraces, la vieille ville garde le reflet de plusieurs civilisations… Grecques, byzantines, turques et bulgares. L’ancienne cité est aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.
Avant de partir, je profite de baignades prêt de Sozopol et d’une virée nocturne en boîte de nuit, qui me permettra de découvrir les musiques modernes bulgares. Bon voyage !
Updated on octobre 9, 2019
La peur de revenir
L’autre jour, le week-end avant les vendanges, j’ai profité d’une escale à Paris pour participer à la journée du voyage organisée par Evaneos.
J’ai assisté à deux superbes conférences, dont l’une m’a vraiment marquée. D’un côté, Philippe Gloaguen, fondateur du célèbre Guide du Routard, nous comptait ses histoires tintées d’humour. De l’autre, les acolytes de Nus et Culottés nous parlaient de leurs aventures avec des mots simples et à portée de tous. Lors de cet échange, la dernière question posée réussit à me faire monter la larme à l’œil. Cette jeune demoiselle, à peine rentrée d’un tour du monde en amoureux, leur demandait d’une voix ensanglotée, comment Nans et Guillaume avait géré leur retour après deux ans de voyages à l’étranger.
C’est là que je compris. Compris pourquoi cette conférence m’avait procurée autant d’émotions. Compris pourquoi je reste impassible aujourd’hui devant toutes ces personnes qui partent, et qu’au fond j’envie tant. Je suis la première à dire que le voyage est accessible à tout le monde, et qu’au lieu de m’envier, il suffirait simplement de s’en aller.
Mais voilà, le plus dur pour moi n’est pas de partir, mais bien de revenir.
L’envie d’aller revivre un an à l’étranger, de rencontrer des gens différents, de se plonger dans une autre culture et de s’imprégner de cette sensation de liberté si intense au départ, est bien là. Cette excitation, cette idée que tout est nouveau et que tu pars enfin pour l’aventure, est géniale ! Les surprises qui t’attendent, cette impression de faire un saut à l’élastique alors que tu as toujours les pieds sur terre, de te sentir pousser des ailes… c’est extra. Mais voilà. La peur du déchirement est là. Celle que tu appréhendes quand approche la fin de ton escapade d’une année. Celle que tu vis vraiment quand tu rentres au bercail, quand tu retrouves tes amis de longue date, mais dont tu as l’impression d’être à des milliers d’années tellement tu as changé, grandi, vécu des « trucs de ouf » que tu ne pourras jamais partager avec eux, parce que les mots te manqueront, parce que les photos ne suffiront plus, parce que tes proches t’envieront ou te diront « et alors ? ». Je ne sais pas. Je ne sais pas si changer de pays, voire faire un tour du monde atténuent la chose. Je ne sais pas si vivre quelques semaines par ci par là te permettent de rester les pieds sur terre. Comment faire pour que le « retour à la réalité », comme les gens le disent souvent, soit moins brutal? Car au final, c’est le retour à TA réalité à toi que tu dois affronter. C’est toi que tu dois reconstruire dans un monde qui t’était pourtant si familier avant de partir. Toi, l’étranger dans ton propre « chez toi », qui ne l’est plus finalement… car tu te sens forcément un peu plus « citoyen du monde » maintenant.
Oui. A mon retour du Canada, ce fut le drame. Je racontais avec enthousiasme à ma famille, mes amis, les yeux plein d’espoir ma vie là-bas, la culture que j’y ai rencontré, les préjugés que j’y ai laissé. Je ne parlais que de Montréal, cette ville dans laquelle j’avais pourtant connu un choc culturel, mais qui finalement m’étais plus familière alors que Toulouse, ma ville natale. « Montréal, Montréal »… J’avais l’impression de les saouler. Je le voyais dans leurs regards que je devenais agaçante à déballer ma chance d’être partie là bas. J’ai bien cru que c’était l’envie… mais finalement j’ai compris que tout le monde s’en foutait. J’avais l’impression qu’ils étaient contre moi et que personne n’avait plus l’envie d’écouter ce que j’avais à raconter. Pourtant ce voyage, je l’ai fait pour moi, je n’avais pas besoin de reconnaissance. Alors je me suis renfermée. J’ai construit mon monde à moi. Je regardais mes photos régulièrement à chaque fois que j’avais une baisse de moral. Je ne rêvais que de Montréal, de repartir là-bas retrouver cette liberté car je me sentais enfermée. Enfermée dans ce moule que mes amis m’imposaient, enfermée dans un moi qui ne l’était plus, dans une ville qui m’était inconnue. 1 an… 2 ans… 3 ans. Je ne sais pas de combien de temps j’ai mis pour m’en remettre. Je ne suis même pas sure de m’en être remise complètement. La perte de mes photos m’a carrément assommée. C’est tout ce qui me restait de là bas… avec mes souvenirs, bien sûr, de plus en plus lointains. Aujourd’hui encore, rien que le fait d’écrire ces propos me cabre. A nouveau j’ai l’impression de vous agacer. Mais ce n’est plus de la joie que j’étale au grand jour lorsqu’on me parle du Québec, mais bien de la tristesse ou de la mélancolie… Je n’ai même plus envie d’y aller. J’aurais trop peur d’être déçue. Déçue d’avoir idéalisé cet endroit qui n’a pourtant fait partie de ma vie qu’un an. Une année pleine d’émotion, qui m’aura poussée à me tourner vers le voyage et ses rencontres inédites.
Alors j’ai beau peser le pour et le contre. L’envie de repartir est bien là, depuis plus de 5 ans. Certes je pars de temps en temps sur de courtes périodes, mais ce n’est pas la même chose que d’aller s’installer un an ailleurs, partir vivre à l’autre bout du monde des choses différentes, ou simplement renaître. Aujourd’hui, c’est bien la peur du retour qui me retient, alors que je ne suis pas encore parti et que je sais que ça en vaut forcément la peine. Alors pourquoi revenir ? J’y ai pensé. Mais ce que j’aime dans le voyage, c’est ce côté imprévisible.
Vous trouverez peut-être cet article brouillon, mais ce ne sont que des mots posés au hasard d’une émotion. Peut-être vous retrouverez-vous dans certains paragraphes. Peut-être ne comprendrez-vous pas comment l’on peut s’empêcher de partir à cause d’une simple appréhension du retour… ça m’est égal. Si vous avez des idées, des paroles à échanger, des écrits à dessiner, on ne sait jamais. Peut-être que le déclic me viendra de vous.
Updated on octobre 9, 2019
TCQ #3 – les vendanges
Tout ce que l’on ne vous dit pas sur Ies vendanges ! *
Bip, bip, bip ! Le réveil résonne et il n’est que 6h30. Le temps d’enfiler un vieux jean troué et des baskets usagés, de prendre un bon petit déj et de se dépêcher à grimper dans l’une des camionnettes qui nous mènera aux vignes alors que le jour s’éveille à peine. Il fait frais ce matin. La rosée fait trémousser mes doigts encore engourdis tandis que le sécateur trépigne entre mes mains. Deux par deux, face à la vigne, nous avançons courbés, les yeux à l’affût des grappes que nous devons couper. La tête vide, les poumons remplis d’air frais, nous poussons parfois la chansonnette pour nous motiver. Et oui, la bonne humeur règne ici en maître.
Ça y est, c’est l’heure de la pause ! 9h45. Du pain frais, des rillettes et du pâté, de quoi revigorer les dos cassés et les mains gelées. Certains opteront pour de la niôle, moi ce sera plutôt carrés de chocolat et café chaud. Mais ne nous égarons guère, car il faut s’en retourner à la galère.
12h30. On y est. L’heure du repas est arrivée. Reprenons des forces avant que nous passions l’après-midi à couper du raisin. Vous vous direz peut-être que je ne pense qu’à manger… mais venez, venez faire les vendanges et vous verrez que les choses les plus simples sont d’autant plus appréciées.
L’après-midi défile (quoique). On en débite des conneries, des chansons paillardes (ça c’est pour les gars), on remixe quelques classiques en y associant les mots vignes et raisins (si vous saviez le nombre de chansons qui sonnent bien!). On en conclut même que le lancer de grappes devrait être inscrit aux Jeux Olympiques (si,si !).
La journée s’achève sur quelques éclats de rire, et nous rentrons au bercail pour un petit verre de Champagne. La suite est basique: douche, dîner et lit. Le dernier jour, on fête le cochelet (une fête tradi qui annonce la fin des vendanges)… chacun à sa manière. Pour nous, ce fut un repas convivial, pour d’autres ce sera mini-bal.
Ce qu’il faut retenir des vendanges, c’est ce moment festif où l’on rencontre des gens que l’on ne côtoierait pas habituellement. Notre dos s’en souvient, nos mains noires aussi, les prises de tête s’en viennent car la semaine est intense. Mais pour rien au monde certains ne manqueraient cet instant. Beaucoup prennent des congés pour venir, mais faut-il encore bien choisir son vigneron. Il est de plus en plus rare d’être nourri et logé. La plupart des annonces le démontrent. En Champagne, les vendanges durent environ une semaine, tandis qu’en Alsace, la durée est de trois. Je vous conseille de faire marcher le bouche-à-oreille, c’est le meilleur moyen de tomber sur des perles rares.
Les premiers jours, je me demandais qu’est-ce qui m’était encore passé par la tête pour vouloir souffrir à ce point pendant une semaine. Mais les journées passent et on s’accommode de son mal de dos, des courbatures qui nous font se coucher tôt… L’ambiance y est-elle, que finalement on revient l’année suivante avec des granules d’Arnica pour survivre. On se rend compte que ce n’est finalement pas si terrible et que l’on y reviendrait bien l’année prochaine. Oups ! Je crois que je suis accro ! Ne venez plus me demander pourquoi on rencontre des personnes avec plus de 21 ans de métier.
Caisse à outil d’un bon vendangeur:
– Trousse à pharmacie (dolipranes, Arnica, huile de massage, pansements…)
– Pantalons confortables, T-shirts que l’on peut salir, casquette ou bonnet, bottes et imper, gants si besoin
– Affaires de rechange pour le soir
– Oubliez la trousse à maquillage et les décolletés plongeants 😉
Le saviez-vous ? Certains vignerons proposent des packages vendanges. Il paraît que les étrangers en raffolent. Le concept est simple: s’imprégner de la culture de la vigne en participant aux vendanges sur une journée ou demi-journée, tout en profitant bien sûr d’un repas « du vignoble » et visites de cave (aux frais du client). Les français se voient aussi proposer des séjours au Portugal ou en Espagne pour y découvrir les coulisses des vendanges.
Je vous le dis ! L’œnotourisme a encore de beaux jours devant lui.
Ps: On me signale dans l’oreillette que j’aurais omis de vous parler des porteurs; vous savez… ceux qui récupèrent les paniers des cueilleurs, remplis (vous l’aurez deviné) de raisins. Et bien, si vous souhaitez vous muscler les bras, choisissez cette option. Attention cependant, vous serez plus à portée des lanceurs de grappes…
* l’auteur de cet article ne doit pas être tenu responsable de votre manque de second degré. Merci.