Le Nouvel an Chinois à Singapour

Un ami m’a proposé de le rejoindre à Singapour alors que je partais pour la Nouvelle-Zélande. Il m’a parlé du Nouvel An Chinois, et je n’ai pas réfléchi 10 secondes de plus avant de caler mes dates.

Arrivée à Singapour le 30 janvier, j’ai pu profiter de l’ambiance colorée de la ville. Néanmoins, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour visiter cet état. En effet, les célébrations du nouvel an lunaire mènent à deux jours fériés, et certains en profitent pour partir en vacances à cette période de l’année. Les chinois et ceux qui célèbrent le nouvel an (d’autres pays sont en effet concernés comme la Malaisie ou le Vietnam) rejoignent pour la plupart leur famille, ce qui donne un sentiment de ville endormie.

Néanmoins, je vous invite à vous plonger au cœur d’une atmosphère rouge, bercée d’encens et de prières.

Chinatown

Vers Chinatown, certaines ruelles étaient occupés par des vendeurs de lanternes, mandarines et autres essentiels. Dans la rue, munis de leurs bâtons d’encens et habillés de leurs plus beaux vêtements, les chinois se rendaient au temple pour y espérer provoquer la chance, ou se regroupaient devant la statue que l’on voit à droite pour y lire leur horoscope de l’année.

Le premier jour de l’année lunaire, on distribue des enveloppes rouges porteuses de chance où se glissent quelques billets. Celles-ci étaient initialement distribués aux enfants ou personnes âgés et offertes par les adultes mariés. La coutume ne se limiterait plus au cercle familial. Les mandarines, quant à elles, restent un cadeau traditionnel, symbole de santé et bonheur.

La fête des lanternes, quinze jours après terminent les festivités.
Ainsi pour 2014, je vous souhaite une bonne année du cheval. Kong xi (prononcez « chi ») !

Buddha Tooth Relic Temple

Vie pro ou vie perso ?

On nait, on grandit, on va au collège puis vient le temps des premières décisions. Bac pro, Bac général ? Que veux-tu faire dans la vie ? Gamin, on rêvait d’être pompier ou encore superman, archéologue ou bien boulanger. Puis on se retrouve face à soi-même, face à ses profs et à ses parents. Je ne fais pas partie de ces personnes qui ont su depuis leur plus tendre enfance ce qu’elles feraient quand elles seraient plus grandes.

« Tu travailles bien toi, ça sera bac général. Toi qui a plus de difficultés, ça sera bac pro »… Je n’ai jamais compris et apprécié d’être mis dans une case. Et pourtant, la société joue avec ça… à croire que tu fais seulement partie d’un jeu de Monopoly. « Pour réussir dans la vie tu dois faire S »… euh non je préfère faire « ES ». On potasse ses fiches, ses cours de philo que l’on trouve dérisoire et on essaye tant bien que mal de ne pas être trop être nul en anglais… Le bac en poche, ça y est ! Ah mince… mais je fais quoi moi maintenant ?

 » Il y a une école de commerce pas très loin de chez toi… t’as cas faire ça ! »
3 ans plus tard…
« Voyons, pourquoi voulez-vous allé à la fac Mlle? Continuez en école de commerce ! »
5 ans plus tard…
« – T’as fait une école de commerce ? Et t’es au chômage ?
– Bah euh oui… »

Bref… je vous passe mes états d’âmes et autres coups de gueule du passé. Mais il arrive un moment où on se demande si tout ce qu’on a fait va finalement nous mener à quelque chose. Oui c’est la crise ! Du moins il parait. Elle nous permet de remettre les choses en perspective. A-t-on le droit de quitter un CDI en ces temps maussades ? A-t-on le droit de baisser les bras en période de chômage ? A-t-on le droit de ne pas aimer son boulot alors que d’autres en n’ont pas ? A-t-on le droit de ne pas apprécier ses collègues, de se dire que l’ambiance au travail ne vaut pas le coup de continuer ainsi ? Je pense que oui. Je vais vous ressortir la citation de Romain Guilleaumes: « il faut travailler pour vivre, non vivre pour travailler« .

Merde ! N’a-t-on pas le droit au bonheur ? N’a-t-on pas le droit de tout laisser pour partir à l’autre bout du monde ? N’a-t-on pas le droit de quitter la pression de nos proches, de nos parents qui ont tout misé sur nous, de nos amis qui comptent sur nous, de la société qui ne cessent de nous juger ? J’ai l’impression qu’il faut avoir un p’tin de caractère pour faire au fond ce que l’on a vraiment envie de faire. Faut-il encore le savoir…

Je vous parlais récemment de ma peur de revenir. Et bien, le fait d’avoir écrit ces lignes, d’avoir eu vos retours teintés d’espoir et d’avoir reparlé de mon expérience à Montréal avec une personne qui a récemment refait irruption dans ma vie, m’a donné le déclic. J’ai fait ma demande de visa, pris mes billets d’avion… c’est officiel, je me casse !!

« – Mais pourquoi ? T’as un projet ? Tu vas faire quoi là bas ?
– Mais parce que ! Depuis que je suis rentrée de Montréal, je n’ai qu’une envie c’est de repartir ! ça fait 5 ans que j’ai envie de Nouvelle-Zélande, plus de 5 ans que je fais chier mes amis avec cette envie, 5 ans que je me dis qu’il faut que j’y aille, 5 ans… c’est trop ! Non, je n’ai pas de projet, pas de plans… je sais seulement que j’atterris à Auckland début février. »

A-t-on toujours besoin de devoir se justifier ? N-a-t-on pas le droit d’avoir juste une envie, un besoin à combler ? C’est déjà assez dur de partir sans le soutien de ses proches, alors si en plus les inconnus s’y mettent…

Passé les prémices de l’annonce, les gens commencent à te dire: « Quelle chance ! C’est génial ! J’aurais tant aimé faire comme toi ». A moi de sortir, ma phrase magique: « Mais tu sais, il n’est jamais trop tard ». Mais quand ta banquière, qui doit avoir ton âge, te dit que la routine du travail s’est installée et qu’il est aujourd’hui dur de la quitter… dans ta misère de chômeuse, dépourvue de statut en société, tu te dis que finalement c’est toi la plus chanceuse.

« – Et après ?
– Tu ne fais que repousser le problème à plus tard !
– Tu fuis ! Le voyage c’est aussi intérieur Lucie et des fois il n’y a pas forcément besoin de partir trop loin…
– Mais vous ne croyez pas que ces questions je me les suis posée ? Laissez-moi être heureuse merde !  »

Pour suivre mes aventures en Nouvelle-Zélande,
rendez-vous sur mon blog, sur Twitter avec le hastag #otra (on the road again) ou sur Facebook pour plus de photos.
Je vous souhaite à tous de poursuivre vos rêves… Et pour 2014, une belle année riche en aventures personnelles, rencontres enrichissantes et voyages intérieurs 😉 Restez ouvert !

Helsinki, l’atypique

Capitale finlandaise, Helsinki se distingue aisément de ses voisines. Je n’ai pas retrouvé dans son atmosphère des brins d’Oslo, Stockholm ou Copenhague. Elle a quelque chose d’atypique qui marque, sans pour autant savoir pourquoi. Je vous invite à essayer de l’apprivoiser.

C’est un tour express de son centre historique qui me fait débuter sa visite. Au cœur de la place du Sénat, se dresse impunément la Cathédrale d’une blancheur étonnante. Sur ses marches, les finlandais et autres touristes y ont élus domicile le temps d’une pause lecture. Un peu plus loin, c’est la cathédrale Uspenski qui offre un sentiment de contraste. Dessinée par l’architecte russe Alekseï M. Gornostaïev, elle serait la plus grande église orthodoxe d’Europe occidentale. Mais il est déjà temps de rentrer, je n’aurais pas eu l’occasion de goûter aux saveurs de la place du marché.

Le lendemain, du stade olympique où se trouve l’auberge, je me dirige vers deux autres incontournables, dans le quartier de Taka-Töölö: le Monument Sibelius qui émet des sons, parait-il, en fonction du vent et l’Église de Temppeliaukio qui creusée dans la roche, est assez impressionnante.

Mais ce que je préfère dans mes city-break, c’est aller au delà de ces « top 5 de la ville » qui me déçoivent généralement. L’après-midi devant moi, je prends donc une carte empruntée à l’auberge de jeunesse, pour faire le tour d’Helsinki à pied, au gré de mes humeurs. J’y découvre un petit coin de paradis, à l’opposé de l’Opéra National de Finlande, près des lignes de chemin de fer offrant sans doute de belles escapades. J’ai nommé: la zone pavillonnaire de Linnunlaulu. Des maisons de bois traditionnelles couleurs pastels se cachent au creux de la verdure pour nous émerveiller un instant. On est loin du Kiasma, le musée d’Art Contemporain d’Helsinki ou autre Kemppi, centre commercial, qui font la fierté de la ville. Ici c’est un sentiment de nature et d’héritage qui nous oblige à prendre le temps, à se poser un instant en terrasse pour prolonger la douceur de vivre du quartier. J’opte pour un thé glacé maison au Blue Villa Café (ouvert seulement l’été), qui offre une vue délicieuse sur le lac Töölönlahti.

Tant pis pour la forteresse de Suomenlinna, classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ou pour mon excursion gentiment rêver à Poorvo, dont les guides m’avaient tant vanté ses mérites. Le coin est tellement paisible que je décide d’y passer la fin d’après-midi. Avant que le soleil ne se couche, je sors de mon état de béatitude pour aller humer l’air près des lacs, et redescend ensuite vers le centre aux doux sons des festivals.

Port d'Helsinki

Les nuits encore chaudes de l’été me donnent l’occasion de rentrer tranquillement à l’auberge. Demain, il faudra refaire sa valise pour prendre le train avec une vingtaine d’ados pour Saint-Pétersbourg. Mais en attendant d’achever mes trois semaines d’animation, je me glisse dans un bar en compagnie de locaux, qui se retrouvent dans la pénombre pour profiter d’un étrange spectacle. Je ne comprends rien à la langue, mais profite de ce moment pour écouter le délicieux et curieux accent. Bienvenue en Finlande !

Oslo, la discrète

À première vue, Oslo est discrète.

À première vue ce n’est pas la capitale « coup de cœur » à laquelle j’aurais envie de confier mes pas plus de quelques jours. A première vue, ce n’est pas celle qui me fera couler beaucoup d’encre, pas celle que j’aurais envie de déshabiller avec mon appareil photo… À première vue, c’est celle qui me frustre car les fjords norvégiens ne sont pas si loin.
Mais finalement, Oslo me ressemble peut-être un peu.
Banale à première vue mais souriante à qui s’y attarde, dynamique à qui le veut et pleine de belles surprises à ceux qui auront pris le temps de la découvrir. Oslo est bien la capitale de la Norvège, mais pas que.
Je vous invite à me suivre le temps d’une journée.

C’est au bord de la rivière Akerselva que je l’aborde, en partant du nord. Je me laisse guider au fil de mes envies et des flots. Je trouve que c’est souvent dans les coins de verdure que l’on connaît le mieux une ville. Cela peut vous paraître paradoxal, mais c’est bien entre deux herbes que les locaux se détendent et qu’on peut les observer de plus prêt. Je ne vous parle pas de zoo bien sûr, mais n’est-ce pas dans nos parcs que l’on prend le temps d’être soi, loin du brouhaha et du stress souvent imputés aux villes ?

Je dois l’avouer, ce jour là il n’y avait pas grand monde… Surement car c’était en août dernier, en pleines vacances.
Mais lorsque j’ai pris la photo de la mère et son fils devant un jardin d’enfant, une petite fille est venue me parler. Ne pratiquant malheureusement pas le norvégien, je n’ai pas compris ce qu’elle me disait. Elle devait se demander pourquoi je pointais mon appareil photo vers le mur de son école. Un sourire a suffit à faire comprendre à la dame qui s’en est approchée, que j’admirais seulement l’œuvre qui se tenait devant nous. Cela me conforte dans l’idée qu’Oslo est discrète mais point timide.

Le côté artiste me vient aussi à l’esprit. Le street art n’est jamais très loin et je découvre avec délice la rue Brenneriveien. Une ruelle et son immense chandelier me font de l’œil et je finis par retomber au bord de la rivière. Ce qui ressemble à un café alternatif se dévoile alors. Blå fait office de bar, salle de concert et night club. Une adresse à tester ! Mais trêve de cocktails, j’ai faim et il est temps de reprendre ma balade vers le sud.

Je passe alors devant le DogA (Norwegian Centre for Design and Architecture) où je fais un tour rapide de l’expo gratuite du moment. Puis je m’éloigne légèrement d’Akerselva pour un sandwich aux crevettes dans un charmant café tout de bois vêtu. C’est délicieux mais excessivement cher. Bienvenue en Norvège !

Parlement d'OsloLe temps est changeant. J’accélère un peu la cadence et finit par arriver au bout de la rivière. Je pars arborer la rue Grønland dans le quartier au même nom. C’est un visage multiculturel qui se dessine et les étals donnent des envies de fruits. Il paraît qu’on y retrouve les prix les moins chers d’Oslo. Mais vite… Les gouttes commencent à tomber et c’est au cœur de la gare centrale que je cours me réfugier. Je vois que je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée… c’est le déluge dehors, mes tongs en frémissent. Je décide alors de retrouver la rue Karl Johans, principale rue commerciale de la ville qui débouche sur le Parlement (photo), pour réchauffer mes pieds et acheter quelques cartes postales.

Le temps s’est calmé et je choisis donc de grimper sur le toit du nouveau symbole de la ville: l’opéra.

L'Opéra d'Oslo

Longeant l’eau encore une fois, je décide d’aller jusqu’à Aker Brygge, en passant par la Forteresse Arkershus et le port.

Ce dernier m’offrira une pause musicale et ensoleillée, avec vue sur le Fjord d’Oslo, idéale pour l’écriture de mes cartes, tandis qu’Akker Brygge me fera saliver avec ses restaurants et ses cartes. Le prix n’aidant pas, je trouve un petit supermarché, opte pour du pain local et du saumon fumé avant de m’installer sur les berges. Journée parfaite !